Saisie des lingots d’or ukrainiens : le face-à-face se durcit entre Volodymyr Zelensky et Viktor Orban

La colère froide de Volodymyr Zelensky face à la décision de Budapest
Du côté de Kiev, la réaction ne s’est pas fait attendre. Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, est monté au créneau avec une virulence rare. Il a qualifié sans détour la saisie du fourgon de « banditisme » pur et simple, lançant un appel pressant aux dirigeants européens pour qu’ils ne restent pas silencieux face à ce qu’il considère comme un acte inamical de la part de la Hongrie.
Pour les autorités ukrainiennes, cette interception et l’arrestation des convoyeurs constituent « un geste inacceptable » de la part de Budapest. Au-delà de l’aspect juridique, c’est bien une question de confiance et de respect mutuel entre nations qui se joue ici. L’Ukraine, engagée dans un conflit existentiel contre la Russie depuis quatre ans maintenant, voit d’un très mauvais œil ce qu’elle perçoit comme une nouvelle provocation de son voisin hongrois.
Cette affaire intervient dans un climat déjà délétère entre les deux capitales. Les relations diplomatiques entre Kiev et Budapest n’ont cessé de se dégrader depuis le début de l’invasion russe, la Hongrie adoptant à de multiples reprises des positions jugées trop complaisantes envers Moscou.
Le pétrole, autre champ de bataille diplomatique entre Kiev et Budapest
La saisie des lingots d’or et des devises n’est malheureusement pas le seul sujet de discorde. Les tensions entre l’Ukraine et la Hongrie sont également palpables sur le front énergétique, un domaine hautement stratégique pour l’ensemble du continent européen.
La Hongrie et la Slovaquie, deux pays considérés comme proches de Vladimir Poutine, reprochent en effet à Kiev de traîner des pieds pour réparer l’oléoduc Droujba. Cet axe crucial d’approvisionnement en pétrole a été endommagé fin janvier lors d’une attaque présumée de drones russes. Or, pour ces deux pays d’Europe centrale, cet oléoduc représente une artère vitale pour leurs approvisionnements énergétiques.
Face à l’urgence de la situation, Budapest a annoncé l’envoi d’une mission officielle en Ukraine afin « d’établir le dialogue » sur ce dossier sensible. Mais cette initiative diplomatique a été sèchement rejetée par Kiev. Gueorguiï Tykhy, le porte-parole de la diplomatie ukrainienne, a affirmé que ce groupe ne dispose « d’aucun statut officiel » sur le territoire ukrainien, douchant ainsi les espoirs d’une résolution rapide de ce litige énergétique.



