Retraite : le bonus de 10 % pour les parents de trois enfants bousculé par la réforme de 2027

8,4 milliards d’euros : une facture trop lourde pour les finances publiques
Ce n’est pas un secret, le système de retraite français est sous tension. Et ce fameux bonus parental n’arrange rien. Selon les dernières données de la Drees, le coût annuel de cette majoration atteint la bagatelle de 8,4 milliards d’euros. Un montant colossal qui fait grincer des dents au Conseil d’orientation des retraites (COR), qui milite depuis longtemps pour une refonte en profondeur du dispositif.
Pour les pouvoirs publics, il est devenu urgent de fermer ce qui est perçu comme un guichet d’inégalités. L’idée n’est pas de supprimer totalement l’aide aux parents de familles nombreuses, mais plutôt de la rendre plus juste et plus ciblée. L’enjeu est de taille, car il s’agit de concilier équité sociale, soutien à la natalité et impératifs budgétaires. Un véritable numéro d’équilibriste pour le gouvernement, qui doit aussi rassurer une population de plus en plus attentive aux questions de pouvoir d’achat et de justice fiscale.
Prime forfaitaire, plafonnement : les pistes concrètes du gouvernement
Face à ce constat, l’exécutif planche sur plusieurs scénarios techniques. L’objectif est de trouver une solution qui soit à la fois équitable pour les mères et soutenable pour les finances de l’État. Plusieurs options sont actuellement sur la table, et chacune a ses avantages et ses inconvénients.
La première piste, et probablement la plus probable, serait de remplacer le pourcentage par une prime forfaitaire identique pour chaque parent, quel que soit son niveau de revenu. Concrètement, au lieu d’ajouter 10 % sur une pension déjà confortable, on offrirait un montant fixe en euros à tous les bénéficiaires. Cette solution aurait le mérite de la simplicité et garantirait une certaine égalité de traitement. Les revenus seraient les mêmes pour une mère de famille avec une petite retraite et pour un père de famille avec une pension plus élevée.
Une autre option consisterait à instaurer un plafonnement plus rigoureux pour les plus hautes rémunérations. Dans ce scénario, le bonus de 10 % serait maintenu, mais uniquement dans une certaine limite. Au-delà d’un certain seuil de pension, la majoration serait réduite ou tout simplement supprimée. Une manière de préserver l’esprit du dispositif tout en évitant les abus les plus flagrants.
Enfin, une troisième voie est également étudiée : une revalorisation ciblée sur les carrières des mères. Plutôt que de toucher au bonus existant, le gouvernement pourrait choisir d’améliorer spécifiquement les droits des femmes, notamment en prenant mieux en compte les interruptions de carrière liées à la maternité ou en augmentant les trimestres validés pour chaque enfant. Une approche plus douce, mais qui pourrait s’avérer tout aussi efficace pour réduire les écarts de pension entre les hommes et les femmes.



