Pourquoi certaines femmes crient-elles pendant leurs règles ? Une gynécologue répond

Le rôle clé des prostaglandines dans les contractions utérines
Au cœur de ce mécanisme, on trouve des substances chimiques appelées prostaglandines. Ce sont elles qui déclenchent les contractions de l’utérus pendant les règles. Produites par l’endomètre (la muqueuse utérine), ces prostaglandines agissent comme des messagers chimiques : elles ordonnent aux muscles de l’utérus de se contracter pour expulser les tissus.
Chez certaines femmes, la production de prostaglandines est particulièrement élevée. Lorsque leur concentration augmente, les contractions deviennent plus fortes, plus fréquentes et plus douloureuses. On parle alors de contractions utérines intenses. Ces spasmes peuvent réduire temporairement le flux sanguin vers l’utérus, ce qui aggrave encore la sensation de douleur.
Un effet domino sur tout le corps
L’impact des prostaglandines ne se limite pas à l’utérus. Ces substances peuvent aussi agir sur le système digestif, provoquant des nausées, des diarrhées ou des vomissements. Elles influencent également la perception de la douleur. Quand le taux de prostaglandines est très haut, la sensation de crampe peut devenir si brutale et si intense que le corps réagit de façon instinctive. Et l’une de ces réactions, c’est le cri.
Le cri survient souvent lors d’une contraction particulièrement violente. Il s’agit d’une réponse réflexe, presque primitive, face à une douleur aiguë. La femme ne choisit pas de crier ; c’est son système nerveux qui exprime ainsi un inconfort maximal. Selon la gynécologue interrogée, il est essentiel de ne pas juger ces manifestations. Elles sont le reflet d’une réalité physiologique et non d’une faiblesse ou d’un manque de contrôle.
Quand la douleur devient insupportable : les réactions involontaires
Au-delà des simples crampes, certaines femmes vivent des épisodes de douleur vraiment violents. La douleur peut irradier vers le bas du dos, les hanches, les cuisses, et même provoquer des sensations d’évanouissement. Dans ces moments-là, le corps est en état d’alerte maximale. Les cris, les pleurs, les gémissements sont des signaux de détresse que le cerveau envoie automatiquement.
Cette réaction n’est pas propre aux règles. On la retrouve dans d’autres situations de douleur extrême, comme les contractions de l’accouchement ou les coliques néphrétiques. Le cri sert à évacuer une partie de la tension nerveuse et à attirer l’attention sur une souffrance qui dépasse le seuil supportable.



