Paul Avery, acteur du soap culte « La Force du destin », et sa femme Sheila meurent dans l’incendie de leur maison

Paul Avery, une vie entre plateaux de cinéma et journalisme local
Si le nom de Paul Avery n’évoque pas instantanément la célébrité planétaire, son visage, lui, est resté gravé dans la mémoire de millions de téléspectateurs. Né en 1945, il a commencé sa carrière dans les années 1970, décrochant d’abord des petits rôles au cinéma. Les cinéphiles attentifs se souviendront peut-être de son apparition dans le Superman de 1978, où il campe un caméraman. Mais c’est surtout la télévision qui lui offrira un emploi stable et une reconnaissance durable. Pendant près de douze ans, il a prêté ses traits à Hughie, le barman du Foxy, dans All My Children (rebaptisé La Force du destin en français). Ce personnage chaleureux et récurrent lui a valu l’affection d’un public fidèle, faisant de l’acteur un pilier discret mais indispensable de la série diffusée sur ABC.
Sa carrière ne s’est jamais limitée aux caméras. Paul Avery a aussi tourné dans plus de 300 publicités, un record qui en dit long sur sa polyvalence. Pourtant, l’homme a toujours cultivé un ancrage local fort dans le New Jersey. Lassé des auditions ou simplement désireux de changer de rythme, il s’est tourné vers l’écriture et le journalisme. Il a signé des critiques de films pour le New Jersey Herald durant sept ans, avant de devenir reporter pour le Gazette de Hackettstown, couvrant l’actualité de cinq municipalités. Son engagement éditorial l’a même conduit à occuper les postes de rédacteur en chef du Blairstown Press et du Warren County Magazine. Dernièrement, il cofondait le média en ligne Ridge View Echo. Un parcours qui force le respect, où le besoin d’informer a fini par égaler celui de jouer.
Un couple fusionnel mis à l’épreuve par la maladie
Derrière l’acteur et le journaliste se trouvait un mari profondément dévoué. Depuis que Sheila Avery avait subi un accident vasculaire cérébral, Paul avait pris la décision de quitter ses fonctions au comité municipal de Blairstown, où il siégeait depuis 2012, pour devenir son aidant à plein temps. Ce geste d’amour et d’abnégation illustre à lui seul la solidité de leur couple. Dans le message déchirant publié par leur fille Kyle sur Facebook, on peut lire : « Nous les aimions tellement, et ils nous aimaient tellement, et personne n’a jamais douté de cela. »
Le couple était connu à Blairstown pour son implication discrète mais constante dans la vie associative. Paul était membre du Rotary Club local et de la Légion américaine. Vétéran de la guerre du Vietnam, il avait servi comme chef d’équipage d’hélicoptère au sein de la Garde nationale, une expérience qui avait forgé chez lui un sens aigu du devoir. Toutes ces facettes – l’artiste, le militaire, l’élu local, l’aidant – confèrent à sa disparition une dimension profondément humaine qui dépasse la simple anecdote people.



