Patrick Bruel mis en examen : l’hôtel L’Isle de Leos confronté aux annulations à L’Isle-sur-la-Sorgue

Le collectif Pep’s demande un changement de nom
Dans la commune, un collectif citoyen dénommé Pep’s suit le dossier de très près. Ses membres se sont dits satisfaits de la mise en examen de Patrick Bruel. Leur demande va plus loin : ils souhaitent que l’hôtel change de nom. Pour Nathalie, membre du collectif, ce serait « un symbole » fort. Elle rappelle que le nom L’Isle de Leos est extrêmement lié au chanteur puisqu’il reprend les deux syllabes du début des prénoms de ses enfants. Selon elle, ce choix n’est pas très agréable pour ces derniers. Le collectif aimerait que l’activité hôtelière puisse se poursuivre, mais sans porter une marque directement associée à Patrick Bruel. L’idée, si elle aboutissait, permettrait peut-être de protéger les emplois tout en marquant une distance claire avec l’artiste mis en cause. Reste à savoir si une telle opération de rebranding est juridiquement et administrativement possible. Les élus locaux n’ont pas encore tranché, mais la pression citoyenne pourrait peser dans les prochaines semaines.
Clients, salariés et maire face à une situation inédite
Sur le terrain, les avis sont partagés. Une cliente interrogée par France 3 se veut neutre : « Ça ne me regarde pas, je reste neutre. On attend que la justice fasse son travail. » Un autre client préfère insister sur les prestations et la qualité du service, estimant que l’expérience hôtelière prime sur la polémique. Cette attitude de distance contraste avec celle des touristes qui ont annulé leur venue, convaincus que séjourner dans un lieu appartenant à Patrick Bruel reviendrait à cautionner sa personnalité. Les salariés, eux, observent la situation avec pragmatisme. L’un d’eux explique qu’ils viennent ici pour travailler et qu’ils n’ont pas vraiment le choix de travailler ailleurs. Il se montre serein grâce à l’attractivité de la ville : « L’Isle-sur-la-Sorgue, c’est devenu un tourisme de masse. Il y a toujours du monde », confie-t-il. Le maire Pierre Gonzalvez, de son côté, tient un discours plus prudent. Il dit avoir confiance en la justice et entendre la parole des victimes, tout en rappelant que l’hôtel représente une activité économique importante pour la commune. Une centaine de personnes y travaillent, et le maire se dit inquiet pour elles. Cette tension entre éthique et réalité économique illustre la complexité du moment.



