Patrick Bruel : Anna Mouglalis, Corinne Masiero et des dizaines de célébrités signent la pétition contre sa tournée anniversaire

Une pétition qui prend une ampleur inattendue
Dès le mois d’avril dernier, plusieurs collectifs féministes ont décidé de passer à l’action. Leur objectif ? Faire annuler purement et simplement l’intégralité des concerts de Patrick Bruel. Pour cela, ils ont lancé une pétition sur la plateforme Change.org. Et force est de constater que le mouvement a pris une ampleur impressionnante.
Ce samedi 23 mai 2026, la pétition a franchi un cap symbolique : celui des 40 000 signatures. Un chiffre qui montre que la mobilisation citoyenne ne faiblit pas, bien au contraire. Mais ce qui a vraiment fait la différence cette semaine, c’est l’engagement de nombreuses personnalités publiques.
Parmi les signataires les plus en vue, on retrouve l’actrice Anna Mouglalis. Connue pour ses rôles dans des films d’auteur et son franc-parler, elle a même accepté de s’exprimer sur le sujet ce dimanche 24 mai sur BFMTV. Dans son intervention, elle a clairement expliqué pourquoi elle soutenait cette pétition et pourquoi elle estimait que la tournée devait être annulée.
Mais Anna Mouglalis n’est pas la seule célébrité à avoir rejoint le mouvement. Dès le lancement de la pétition, plus de cinquante artistes, collectifs et associations féministes avaient déjà apposé leur signature, comme le rapportait le journal l’Humanité. La liste est impressionnante : on y trouve notamment les actrices Corinne Masiero et Anouk Grinberg, la journaliste Giulia Fois, la comédienne Audrey Vernon, les autrices Florence Porcel et Florence Mendez, les humoristes Elodie Arnould et Julie Conti, ou encore la chanteuse Pomme.
Toutes ces personnalités demandent, d’une seule voix, l’annulation pure et simple de la tournée. Pour elles, maintenir ces concerts reviendrait à envoyer un message désastreux aux victimes de violences sexuelles.
Les arguments des opposants : un signal désastreux pour les femmes
Pour comprendre l’ampleur de cette mobilisation, il faut écouter les arguments des principaux porte-parole du mouvement. Marie Meschi, référente médias du collectif féministe Nous Toutes et à l’origine de la pétition, a été particulièrement claire dans ses déclarations. Interrogée par La Tribune Dimanche ce 24 mai, elle a lancé un avertissement solennel :
« Maintenir la scène ouverte à Patrick Bruel, c’est envoyer le signal désastreux aux femmes que leur parole n’a pas sa place dans l’espace public. »
Cette phrase résume à elle seule toute la portée symbolique du débat. Pour les collectifs féministes, il ne s’agit pas seulement d’une question de justice individuelle. Il s’agit d’un message sociétal. Autoriser un artiste accusé de multiples violences sexuelles à se produire sur scène, c’est, selon elles, banaliser ces accusations et décourager d’autres victimes à parler.
Les signataires de la pétition estiment également que l’industrie du spectacle doit montrer l’exemple. Si les organisateurs de concerts et les producteurs continuent de travailler avec des artistes sous le coup d’accusations aussi graves, cela crée un précédent dangereux. Pour elles, la responsabilité morale des acteurs du secteur est engagée.
Certaines voix s’élèvent aussi pour rappeler que Patrick Bruel n’est pas un simple inconnu. C’est une figure emblématique de la chanson française, un artiste qui a bercé des générations entières. Et c’est justement parce qu’il est une célébrité que son cas est si emblématique. Si la justice ne peut pas encore se prononcer, disent-elles, la société civile, elle, a le droit de prendre position.



