Muriel Robin joue une femme alcoolique dans un téléfilm : un rôle intime après des années de combat contre l’addiction

Muriel Robin est une battante. Engagée contre les violences faites aux femmes, elle a également mené un long combat personnel contre l’alcoolisme. Un combat qu’elle a choisi de rendre public, pour briser les tabous, pour aider d’autres femmes à sortir de l’ombre.
Aujourd’hui, elle franchit une nouvelle étape. Dans un téléfilm en deux parties pour TF1, “À la vie”, réalisé par Louis Choquette, elle incarne Fabienne, une directrice de maternité alcoolique en déni. Un rôle puissant, qui fait écho à sa propre histoire.
Car Muriel Robin a commencé à boire à 12 ans, encouragée par son père. Pendant des années, elle a consommé jusqu’à une bouteille de champagne par soir, s’enfonçant dans ce qu’elle appelle “l’alcoolisme mondain”. Derrière cette façade, des traumatismes enfouis : un viol à 10 ans, des agressions sexuelles, des années de silence.
Aujourd’hui, elle a trouvé un équilibre. Elle ne s’interdit pas un verre, mais a fixé sa propre « jauge », comme elle l’explique. Et elle continue de se battre, sur le terrain médiatique, pour que l’alcoolisme féminin cesse d’être un tabou.
Dans cet article, nous revenons sur ce téléfilm, sur le parcours de Muriel Robin, sur les traumatismes qui l’ont menée à l’alcool, et sur son combat pour en sortir.
Le téléfilm “À la vie” : une fiction pour briser les tabous
Le synopsis
Fabienne est directrice de maternité. Une femme apparemment solide, respectée, installée. Mais Fabienne cache un secret : elle est alcoolique et en déni.
Sa vie bascule le jour où elle provoque un accident en état d’ivresse. Un choc qui la pousse à s’inscrire aux Alcooliques Anonymes, où elle rencontre d’autres personnes en lutte contre l’addiction.
Parmi eux :
-
Manon, une ancienne coiffeuse brisée par la mort de son fils
-
Lucas, un jeune surfeur persuadé de maîtriser l’alcool
Ensemble, ils vont apprendre que la solidarité et le partage peuvent aider à sortir de l’addiction et à renouer avec la vie.
Le casting
Le téléfilm réunit un casting solide :
-
Muriel Robin dans le rôle de Fabienne
-
Julie de Bona, Mathias Mlekuz, Benjamin Baroche dans les autres rôles principaux
Une équipe de talents pour aborder ce sujet sensible.
Le message de TF1
La première chaîne a expliqué dans un communiqué : “À la vie ! Raconte comment les valeurs de solidarité et de partage permettent de sortir de ses addictions et de renouer avec la vie.”
Un message d’espoir, porté par une histoire forte.
Muriel Robin : un combat personnel contre l’alcool
Les débuts précoces
C’est à l’âge de 12 ans que Muriel Robin a commencé à boire. Son père lui a fait goûter une bouteille de Sancerre. Un geste anodin en apparence, mais qui a ouvert la porte à des années d’addiction.
Pendant longtemps, elle a pratiqué ce qu’elle appelle « l’alcoolisme mondain ». Une consommation régulière, jusqu’à une bouteille de champagne par soir, qui paraît socialement acceptable mais détruit à petit feu.
Le déni et les années sombres
Derrière cette consommation, des traumatismes enfouis. En 2025, dans le documentaire “Alcool au féminin, elles brisent le tabou” diffusé sur France 5, elle a révélé avoir été victime d’un viol à l’âge de 10 ans.
“Quand on parle du déni, ça a eu lieu quand j’avais 10 ans. J’ai vraiment les images et j’en ai 70. Vous imaginez ? Il faut 60 ans.”
Elle a également subi plusieurs agressions sexuelles : “Le curé qui me met la main sur la cuisse à 11 ans, une tentative de viol dans un ascenseur dont je me sors. Je ne dis rien à personne, bien évidemment, on ne va pas inquiéter les parents.”
Le lien entre traumatismes et addiction
Muriel Robin établit clairement le lien : “Il y a souvent un terrain de traumatisme dans l’enfance. Ce n’est pas le cas tout le temps, mais quand il y a eu inceste ou viol, ce n’est pas rare.”
Ces chocs, enfouis pendant des décennies, ont nourri son addiction. Boire était une façon d’oublier, de tenir à distance des souvenirs trop douloureux.
La sortie de l’addiction
Un combat de longue haleine
Sortir de l’alcoolisme n’a pas été facile. Il a fallu des années, du travail sur soi, et l’aide de professionnels.
Aujourd’hui, Muriel Robin ne souffre plus d’alcoolisme. Mais elle n’a pas choisi l’abstinence totale. Elle a fixé sa propre “jauge”, comme elle l’explique à Télé Poche :
“Je peux boire, car je n’ai pas choisi l’abstinence, mais une jauge fixée par moi-même. Les addictologues commencent à mettre en œuvre cette solution dans certains cas.”
Une solution adaptée
Cette approche, qui consiste à fixer ses propres limites plutôt qu’à s’interdire totalement l’alcool, est de plus en plus reconnue par les spécialistes. Elle permet à certaines personnes de garder le contrôle sans se sentir privées.
Continuer à briser les tabous
Le documentaire de 2025
En mai 2025, Muriel Robin a participé au documentaire “Alcool au féminin, elles brisent le tabou” sur France 5. L’occasion de parler ouvertement de son addiction, mais aussi de celles de nombreuses femmes qui souffrent en silence.
L’alcoolisme féminin reste un sujet tabou, souvent minimisé, caché, honteux. Muriel Robin veut montrer qu’on peut en parler, qu’on peut s’en sortir et qu’on n’est pas seule.
Le téléfilm, une nouvelle étape
Avec “À la vie”, elle franchit une nouvelle étape. Elle ne parle plus seulement de son expérience ; elle l’incarne. Elle prête son visage, son corps, sa voix à une femme alcoolique, pour que le public voie, comprenne, ressente.
C’est un acte de courage supplémentaire, dans une carrière déjà marquée par l’engagement.



