Mort du petit Émile : la piste du coup de sabot de cheval explorée dans un nouveau livre

Mort du petit Émile : la piste du coup de sabot de cheval explorée dans un nouveau livre
Trois ans après la disparition du petit Émile Soleil au Haut-Vernet, l’affaire reste l’une des énigmes judiciaires les plus troublantes de ces dernières décennies. Le 8 juillet 2023, cet enfant de deux ans et demi échappait à la surveillance de sa famille dans ce hameau paisible des Alpes-de-Haute-Provence. Malgré des battues massives, des hélicoptères, des chiens pisteurs et des mois de recherches acharnées, aucune trace de l’enfant n’avait été retrouvée dans les premiers temps.
Puis, fin mars 2024, un rebondissement glaçant : une promeneuse découvre des ossements, dont la boîte crânienne de l’enfant, ainsi que des vêtements, sur un sentier escarpé situé à moins de deux kilomètres du village. Un lieu pourtant déjà fouillé. Depuis, l’enquête piétine et les questions s’accumulent. Comment un corps a-t-il pu être déposé là sans être repéré plus tôt ? Que s’est-il réellement passé ce jour-là ? Un ouvrage récent de la journaliste Peggy Poletto, intitulé Émile Soleil, le silence et le bruit, avance une hypothèse aussi dérangeante que plausible : celle d’un accident mortel provoqué par un cheval.
Le traumatisme facial au cœur du mystère
C’est un détail médico-légal qui intrigue profondément les observateurs du dossier. Les examens pratiqués sur le crâne de l’enfant ont révélé ce que les experts décrivent comme un « violent traumatisme facial ». La formulation employée par les autorités est précise : il s’agit d’un « choc violent d’une nature encore indéterminée », jugé « incompatible avec une chute accidentelle ou une collision avec un véhicule ».
Cette conclusion change la donne. Elle écarte d’emblée les scénarios les plus simples, comme une chute depuis un rocher ou un accident de la route. Le traumatisme observé suggère une force considérable, appliquée de manière spécifique sur la zone faciale. C’est précisément ce constat qui a conduit Peggy Poletto à explorer une piste que peu de personnes avaient envisagée jusqu’ici : celle d’un coup de sabot.
Dans son livre publié chez Mareuil Éditions, la journaliste de Nice-Matin s’appuie sur un élément concret du dossier : la présence de chevaux appartenant au grand-père d’Émile, Philippe Vedovini. Selon elle, cette présence équestre est corroborée par plusieurs faits matériels, notamment un enclos autour duquel la famille s’affairait le jour de la disparition, ainsi qu’une remorque à cheval saisie à La Bouilladisse puis inspectée lors de la garde à vue des grands-parents, avant d’être restituée.



