Mireille Dumas : “J’ai choisi la qualité de la vie à la longueur de la vie” – Ses dispositions pour une fin de vie digne

L’influence déterminante des paroles maternelles
Derrière cette position tranchée se cache une influence puissante : celle de sa mère décédée. La journaliste se souvient avec émotion des paroles de celle qui l’a élevée. “Ma mère me parlait souvent et me disait souvent : ‘Ton corps t’appartient’ et ce bien avant (…) et comme il t’appartient, tu as le droit de choisir le moment où tu pars ou en tous cas les conditions dans lesquelles tu vas partir.”
Ces mots, prononcés bien avant que le débat sur la fin de vie ne devienne un sujet de société majeur, ont profondément marqué Mireille Dumas. Ils résonnent aujourd’hui comme un héritage philosophique précieux, une boussole morale qui guide ses choix les plus intimes. Cette transmission intergénérationnelle montre comment les valeurs familiales peuvent façonner nos décisions les plus personnelles.
La journaliste a su transformer cet héritage en action concrète. Elle n’a pas simplement écouté les conseils de sa mère ; elle les a intégrés dans sa vision du monde et dans la planification de sa propre fin de vie. C’est un exemple puissant de la manière dont les paroles de nos aînés peuvent continuer à nous guider longtemps après leur départ.
Qualité de vie versus longévité : un choix assumé
Au cœur du témoignage de Mireille Dumas se trouve une affirmation forte : “Moi, j’ai choisi, et c’est un choix, chacun est libre de choisir selon ses convictions, de sa religion, de choisir, mais moi j’ai choisi, c’est vrai, la qualité de la vie à la longueur de la vie.” Cette déclaration résume parfaitement sa philosophie.
Pour elle, vivre longtemps n’a de sens que si cette vie conserve une certaine qualité. Elle refuse catégoriquement l’idée de survivre dans un état végétatif ou de dépendance totale. “S’il m’arrive un pépin et que je doive rester dans un état où je ne suis pas consciente, j’ai demandé à ce qu’on abrège ma vie”, a-t-elle expliqué sans ambages.
Cette position, bien que radicale pour certains, est le fruit d’une observation lucide de la réalité des établissements pour personnes âgées. Dans une interview accordée à Eric Dussart et Jade dans l’émission On refait la télé en février dernier, elle avait déjà exprimé son horreur face à certaines conditions de vie en EHPAD. “Vieillir longtemps si vous êtes en pleine forme, oui, mais si tout à coup c’est pour être dans des conditions comme je le vois dans des EHPAD où l’on ne s’occupe pas de vous, c’est horrible”, avait-elle déploré.
Le droit de choisir sa mort comme ultime liberté
Pour Mireille Dumas, la liberté individuelle ne s’arrête pas à la porte de la mort. Elle considère que le droit de choisir les conditions de sa fin de vie est une extension naturelle des droits fondamentaux. “La mort, elle est dérisoire par rapport à la souffrance”, affirme-t-elle, renversant la hiérarchie habituelle des valeurs.
Cette position rejoint les débats actuels sur la légalisation de l’aide active à mourir en France. Alors que le pays s’interroge sur l’évolution de sa législation, le témoignage de cette figure médiatique apporte une dimension humaine et personnelle à un débat souvent trop abstrait.
La journaliste ne cherche pas à imposer sa vision aux autres. Elle reconnaît que chacun doit pouvoir choisir selon ses convictions personnelles ou religieuses. Mais elle revendique pour elle-même ce droit fondamental à l’autodétermination, même dans les derniers instants de sa vie.



