Médicaments « à éviter » : quatre nouveaux traitements ajoutés par la revue Prescrire (et aucun n’est remboursé)

Tri nécessaire dans vos armoires à pharmacie. Depuis le 1er décembre, quatre nouveaux médicaments ont été ajoutés à la liste des traitements « à éviter » de la revue Prescrire. Ces quatre médicaments ont été ajoutés à ce bilan car ils présentent des effets indésirables disproportionnés au regard d’une absence de démonstration d’efficacité clinique, d’une efficacité incertaine ou trop modeste par rapport à un placebo, détaillent les auteurs dans leur dernière édition.
Les nouveaux entrants ne sont pas les plus courants du marché. Et pour cause, aucun n’est remboursé par l’Assurance maladie. Voici lesquels.
1. Andexanet alfa (Ondexxya) : des risques cardiovasculaires
La première molécule concernée est l’andexanet alfa, vendu sous le nom d’Ondexxya par le laboratoire américain Alexion. Ce médicament permet d’éviter de graves hémorragies. Il est surtout utilisé dans les hôpitaux, chez les patients traités par anticoagulants (apixaban, rivaroxaban) et chez les victimes d’une hémorragie menaçant le pronostic vital.
Le hic ? Il pourrait être à l’origine de problèmes cardiovasculaires. Des études ont montré un risque accru de thrombose (caillots sanguins) et d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) après l’administration. De plus, son efficacité à réduire la mortalité n’a pas été clairement démontrée par rapport à d’autres stratégies (transfusion, facteurs de coagulation).
Ce qu’en dit Prescrire : « Une efficacité clinique non démontrée, des effets indésirables graves (thromboses, AVC), un rapport bénéfice-risque défavorable. »
2. Géfapixant : la toux chronique contre la perte de goût
Le deuxième médicament de la liste est le géfapixant. Ce traitement permettrait de lutter contre la toux chronique (toux récurrente depuis plus de 8 semaines). Toutefois, il provoquerait une dysgueusie chez la moitié des consommateurs (dysgueusie). Pire encore, il favoriserait le développement de la pneumonie.
Dans les essais cliniques, le géfapixant n’a montré qu’une efficacité modeste, à peine supérieure au placebo, sur la fréquence et l’intensité de la toux. En revanche, ses effets indésirables sont fréquents et gênants (perte du goût, infections respiratoires).
Ce qu’en dit Prescrire : « Efficacité trop modeste, effets indésirables préoccupants (dysgueusie, pneumonie). À éviter. »
3. Fézolinétant (Veoza) : bouffées de chaleur et toxicité hépatique
Le troisième médicament à proscrire de vos trousses de pharmacie est le Veoza (fézolinétant). Il s’adresse aux femmes ménopausées afin qu’elles ne subissent pas de bouffées de chaleur. Or, certaines patientes doivent composer avec des effets particulièrement toxiques pour le foie.
Des cas d’atteintes hépatiques (hépatites, insuffisance hépatique aiguë) ont été rapportés, ce qui justifie une surveillance stricte des transaminases. L’efficacité, elle, est modeste : une réduction de 2 à 3 bouffées de chaleur par jour par rapport au placebo.
Ce qu’en dit Prescrire : « Bénéfice modeste, risque d’atteinte hépatique grave. À éviter. »
4. Chondrosulf : arthrose sans preuve, mais des allergies
Enfin, le Chondrosulf est un traitement contre l’arthrose qui n’a pas été démontré efficace. Il s’agit d’un complément à base de chondroïtine sulfate, censé ralentir la dégradation du cartilage. Mais les études disponibles ne montrent pas de bénéfice clinique pertinent (douleur, fonction articulaire) par rapport au placebo.
En revanche, il peut, à l’occasion, provoquer de graves réactions allergiques (urticaire, œdème de Quincke, choc anaphylactique). Des troubles digestifs (nausées, diarrhées) sont également fréquents.
Ce qu’en dit Prescrire : « Aucune démonstration d’efficacité, risques allergiques. À éviter. »
Pourquoi ces médicaments ne sont-ils pas remboursés ?
Ces quatre médicaments ne sont pas remboursés par l’Assurance maladie en France. Pourquoi ? Parce que leur service médical rendu (SMR) a été jugé insuffisant par la Haute Autorité de Santé (HAS). Autrement dit, leur bénéfice-risque est trop faible pour justifier une prise en charge collective.
Le Chondrosulf n’a jamais été remboursé (classé comme un complément alimentaire). L’andexanet alfa (Ondexxya) a obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM), mais son remboursement a été refusé. Le géfapixant et le fézolinétant ont été commercialisés sans remboursement.



