Lyhanna : La mère de Maëlys brise le silence et accuse la justice d’inaction

Des défaillances qui se répètent selon elle
Jennifer De Araujo va plus loin dans son analyse. Elle établit un lien direct entre plusieurs affaires récentes qui, selon elle, illustrent les mêmes manquements. « Maëlys, Lola, Lyhanna… Autant d’exemples qui démontrent qu’il faut des morts pour que la justice se réveille », lance-t-elle. Cette phrase choc résume un sentiment partagé par de nombreux Français : le système judiciaire semble réagir seulement quand il est trop tard.
Elle souligne que dans chacun de ces cas, des signaux d’alerte existaient. Des signalements avaient été faits. Des plaintes avaient été déposées. Mais rien n’a été fait à temps pour éviter le pire. Cette analyse rejoint les critiques formulées par plusieurs associations de protection de l’enfance, qui dénoncent depuis des années un manque de coordination entre les services sociaux, la police et la justice.
Le manque de moyens pointé du doigt
Au-delà de l’émotion légitime, Jennifer De Araujo met en avant une question cruciale : celle des moyens alloués à la police et à la justice. Selon elle, ce manque de ressources freine considérablement les enquêtes et retarde des décisions qui pourraient sauver des vies. Elle rappelle certains éléments de l’affaire Nordahl Lelandais, estimant que certaines investigations auraient dû avancer beaucoup plus rapidement.
« Il n’y a peut-être pas suffisamment de personnels policiers et judiciaires… Cela est absurde ! Dans ce cas, il faut embaucher ! Si l’autre avait été arrêté encore plus tôt, Maëlys serait encore là », déclare-t-elle avec une conviction qui ne laisse aucune place au doute. Ces propos reflètent une demande claire : le renforcement des effectifs ne peut plus être une option secondaire. Pour elle, c’est une urgence absolue quand il s’agit de protéger des enfants.
Ce constat est partagé par de nombreux professionnels du secteur. Les syndicats de magistrats et d’avocats alertent régulièrement sur la surcharge de travail des tribunaux et le manque d’investigation dans les affaires sensibles. Quand un juge d’instruction doit gérer des dizaines de dossiers simultanément, il est difficile d’accorder à chaque affaire l’attention qu’elle mérite.



