Lee Grant : comment Hollywood a blacklisté la superstar des années 50 pendant douze ans

La Commission des activités anti-américaines : le tournant tragique
La même année, alors que sa carrière décollait, Lee Grant s’est retrouvée prise dans la tourmente du maccarthysme. Son mari de l’époque, le dramaturge Arnold Manoff, était dans le collimateur de la Commission des activités anti-américaines, cette instance qui traquait les supposées sympathies communistes à Hollywood.
Convoquée à témoigner, l’actrice a refusé de dénoncer son mari. Un choix courageux, mais lourd de conséquences. Dans le climat de peur qui régnait alors, ce refus équivalait à un aveu. Hollywood, qui préférait la prudence à la solidarité, l’a immédiatement mise à l’écart. Cette mise au ban a duré près de douze ans, une éternité pour une comédienne en pleine ascension.
Ce phénomène de blacklistage a touché des centaines d’artistes à cette époque. Pour beaucoup, il signifiait la fin définitive d’une carrière. Lee Grant, elle, a choisi de ne pas disparaître.
Le théâtre comme refuge et le retour triomphal au cinéma
Privée de grand écran, l’actrice s’est tournée vers le théâtre. Sur les planches, elle a continué à exercer son art, à perfectionner son jeu et à rester en contact avec son public. Cette période, loin d’être stérile, lui a permis de développer une profondeur et une maturité artistique qui allaient lui servir plus tard.
Dans les années 1960, la donne change progressivement. La chasse aux sorcières s’essouffle, et Lee Grant peut enfin revenir devant les caméras. Son comeback est éclatant. Elle enchaîne les films à succès et finit par remporter l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle, une consécration qui vient valider des années de patience et de travail acharné.
Une artiste complète : actrice, scénariste et réalisatrice
Lee Grant ne s’est jamais contentée d’être devant la caméra. En marge de sa carrière d’actrice, elle s’est intéressée à l’écriture et à la réalisation. En 1975, elle crée sa propre sitcom, prouvant qu’elle maîtrise aussi bien la comédie que le drame. En 1986, elle décroche un nouvel Oscar, cette fois pour un documentaire qu’elle a réalisé.
Ses documentaires sont bien plus qu’un simple exercice de style. Ils reflètent ses engagements profonds. À travers ses projets, elle a abordé des sujets difficiles comme la pauvreté, la violence conjugale ou encore la condition des femmes. Une manière pour elle de continuer à défendre les idées qui lui avaient coûté si cher des années plus tôt.



