Le RN au pouvoir ? Corinne Masiero ne mâche pas ses mots « avec eux au moins…

“On A Les Moyens de Construire Un Truc Nouveau” : L’Appel à la Mobilisation Positive]
Corinne Masiero ne veut pas être qu’une éteigneuse d’incendies. Si elle martèle la nécessité de voter contre le Rassemblement National, elle insiste tout autant sur l’importance de voter pour.
Le Nouveau Front Populaire comme horizon
Son message est sans ambiguïté : “Il faut soutenir le nouveau Front Populaire, c’est tout. Y a pas à chercher autre chose.” Cette clarté radicale détonne dans un paysage politique où les appels au vote se parent souvent de circonvolutions prudentes. Masiero, elle, taille dans le vif. Elle désigne l’ennemi, elle désigne l’alternative. Point Barre.
La culture en première ligne
Autre inquiétude majeure de la comédienne : l’avenir de la culture. Celle qui s’était dénudée aux Césars en 2021 pour réclamer plus de moyens connaît le prix du silence. Elle sait qu’un pouvoir hostile aux artistes ne se contente pas de réduire des budgets : il réduit au silence.
La culture, pour Masiero, n’est pas un supplément d’âme réservé aux bourgeois. C’est un droit fondamental, un espace de respiration, un terrain de résistance. Son appel à voter Nouveau Front Populaire est aussi un cri d’alarme pour tous les intermittents, les petites compagnies, les théâtres associatifs qui vivent dans la précarité chronique et redoutent des coupes sombres.
[L’Héritage Transmis : Quand l’Histoire Familiale Dicte l’Engagement Présent]
Dans la dernière partie de son intervention, Corinne Masiero lâche une information intime qui éclaire tout le reste. Elle est issue d’une famille d’immigrés italiens ayant fui le fascisme.
La mémoire longue des exilés
Ce détail n’est pas jeté en pâture par hasard. Il est la clé de voûte de tout son engagement. Masiero ne combat pas d’idées abstraites. Elle combat des fantômes qu’elle connaît bien : ceux qui ont forcé ses ancêtres à tout quitter, ceux qui brûlaient les livres, ceux qui imposaient le salut romain.
Le vote comme devoir de mémoire
“On ne réfléchit pas. On y va.” Cette formule, qui peut paraître brutale, prend tout son sens à la lumière de cette histoire familiale. Quand on porte en soi la mémoire de l’exil, on n’attend pas que le pire se produise pour agir. On n’analyse pas, on n’hésite pas, on ne tergiverse pas. On se souvient. Et on vote.
Pourquoi Cet Appel au Vote Dépasse le Simple Buzz Médiatique
À l’heure où certaines célébrités limitent leur engagement à un story Instagram éphémère ou à un tweet vite oublié, Corinne Masiero incarne une forme de résistance organique.
Une prise de risque assumée
Dire “Rassemblement National = peste noire” sur un plateau national n’est pas anodin. C’est s’exposer aux procès, aux menaces, à la vindicte numérique. C’est accepter de perdre des contrats, de se fâcher avec une partie de son public. Masiero le sait. Elle l’assume.
L’artiste-citoyen versus l’artiste-produit
Dans une industrie culturelle qui tend à transformer les artistes en produits marketés, neutres et désinfectés, Corinne Masiero persiste à exister comme une entité politique complète. Elle ne vend pas que des films ou des séries. Elle vend une vision du monde. Elle assume que son art est inséparable de ses convictions.
CONCLUSION
Alors que le premier tour des élections législatives s’approche à grands pas, l’intervention de Corinne Masiero sur Mediapart agit comme un révélateur chimique plongé dans une solution trouble. Elle ne dit rien que les sondages n’aient déjà documenté, rien que les éditorialistes n’aient déjà commenté. Mais elle le dit avec son ventre, avec sa rage, avec cette authenticité désarmante qui fait défaut aux professionnels de la communication.
Masiero ne vous prend pas par la main. Elle vous saisit par le col et vous colle face à vos responsabilités. “Vous êtes une gonzesse ? Allez voter !” Vous êtes homo, bi, trans, non-binaire, ou simplement humain et attaché à l’idée que la France reste un pays où l’on peut vivre libre ? Allez voter.
Elle nous rappelle, avec ses mots de charcutière et sa gouaille du Nord, que la démocratie n’est pas un acquis. C’est un muscle. Si on ne l’exerce pas, il s’atrophie. Si on ne l’utilise pas, d’autres l’utilisent à notre place.
Alors oui, certains crieront au mélange des genres. D’autres déploreront qu’une artiste se mêle de ce qui ne la regarde pas. Mais Corinne Masiero, elle, a choisi son camp. Celui des sans-voix, des oubliés des campagnes, des minorités inquiètes, des femmes qui refusent de voir leurs droits grignotés.



