Le RN au pouvoir ? Corinne Masiero ne mâche pas ses mots « avec eux au moins…

Elle n’a jamais eu besoin de script pour faire trembler les certitudes. Corinne Masiero, c’est cette tornade beige qui transforme un plateau télé en agora révolutionnaire. Et cette fois, sur le plateau de Mediapart, l’incarnation du Capitaine Marleau a remis le couvert. Mais attention : ici, pas de fiction. Que du réel, du brut, du viscéral.
À quelques jours du premier tour des élections législatives anticipées, la comédienne originaire du Nord a surgi, tee-shirt barré d’un “NON” catégorique, pour lancer ce qui ressemble fort à un cri de guerre civique. “C’est no way ! On n’en veut pas. No Pasaran !” Face à la caméra, elle ne joue pas. Elle vit chaque mot. Elle crache chaque syllabe comme on recrache l’eau de mer après une vague trop forte.
Pourquoi une artiste, habituée des planches et des plateaux, prend-elle un tel risque médiatique ? Pourquoi cette femme, qui aurait pu se contenter d’une carrière confortable derrière l’imperméable beige de Marleau, choisit-elle de se brûler les ailes dans la lumière crue du débat politique ? La réponse tient en trois lettres, mais c’est surtout ce qu’elle porte avec elle qui compte : la peur de voir basculer ce qu’elle appelle “cette saloperie vivante” au pouvoir, et la certitude que le vote reste notre dernière arme.
Nous avons décortiqué cette intervention qui fait déjà des millions de vues. Voici ce que Corinne Masiero a vraiment dit, ce qu’elle n’a pas osé formuler, et pourquoi son message résonne comme un électrochoc dans une campagne où l’abstention guette.
Le Tee-Shirt Qui En Dit Long : Quand l’Image Devient Argument Politique]
Avant même qu’elle n’ouvre la bouche, le message était déjà écrit. En lettres capitales, imprimé sur du coton blanc : “NON”. Un non qui ne souffre aucune nuance, aucune concession, aucune virgule pour reprendre son souffle.
Le pouvoir du message visuel en politique
Corinne Masiero connaît son métier d’actrice. Elle sait qu’une image bien cadrée parle plus fort qu’un discours de vingt minutes. En choisissant ce tee-shirt, elle ne laisse aucune place à l’interprétation. C’est du binaire. Du noir ou du blanc. Du “avec moi ou contre moi”. Dans une époque saturée de communications lissées, de communicants qui pèsent chaque mot, cette franchise textile agit comme un uppercut.
Et puis il y a le “No Pasaran”. Cette formule, héritée de la guerre d’Espagne, résonne comme un écho historique. Ce n’est pas anodin. En convoquant les ombres des Brigades internationales, Masiero inscrit son combat dans une filiation : celle des antifascistes d’hier qui refusaient, eux aussi, de laisser passer la nuit brune.
“Vous Êtes Une Gonzesse ? Allez Voter Putain !” : Le Cri du Cœur Féministe de Masiero]
C’est probablement le moment le plus poignant de son intervention. La comédienne ne parle plus en son nom. Elle parle pour toutes celles qui pourraient, par lassitude ou désillusion, laisser leur carte d’électrice dans un tiroir.
IVG, droits des femmes, régression : la peur intime
Corinne Masiero ne fait pas de politique théorique. Elle parle concret. Elle parle du corps. Elle parle d’utérus. “Interdiction de l’IVG et compagnie”, lâche-t-elle, comme on énumère les articles d’un catalogue des horreurs. Elle sait de quoi elle parle. Elle vient du Nord, de cette France ouvrière qui bascule parfois, de ces territoires désindustrialisés où le vote RN progresse, mais où les femmes continuent de porter seules le poids des difficultés.
Quand une célébrité utilise sa notoriété comme bouclier
En s’adressant directement aux femmes, Masiero opère un glissement subtil mais puissant. Elle ne leur parle pas d’en haut. Elle se place à leurs côtés. “On va s’en prendre plein la gueule”, dit-elle. Le “on” est inclusif. Il amalgame la star et l’anonyme, la comédienne césarisée et la caissière de supermarché. Face à la menace, il n’y a plus de hiérarchie. Il n’y a que des cibles.
Cette prise de parole intervient dans un contexte où le débat sur la constitutionnalisation de l’IVG, acquis de haute lutte, pourrait être fragilisé par une alternance politique. Les associations féministes, nombreuses à avoir relayé l’intervention de Masiero, rappellent que rien n’est jamais définitivement gagné.
Roubaix, Pas-de-Calais : La Géographie Intime de l’Engagement]
Si Corinne Masiero peut parler avec autant de rage contenue, c’est qu’elle vit au cœur des territoires dont elle se fait la porte-voix. Elle l’a révélé sur le plateau : elle réside à Roubaix et possède une maison dans un village du Pas-de-Calais, près de Boulogne-sur-Mer.
Le RN vu d’ici, pas d’en haut
Cette précision n’est pas un détail anecdotique. Elle ancre son discours dans une réalité géographique et sociale. Quand Masiero s’inquiète pour les couples homosexuels installés dans les campagnes, elle ne parle pas d’une France fantasmée. Elle parle de ses voisins, des gens qu’elle croise au marché, des familles qu’elle connaît.
Le témoignage d’une France qui doute
“Ça me fout la gerbe, mais ça me donne aussi la niaque.” Cette phrase résume à elle seule le paradoxe des territoires populaires face à la montée de l’extrême droite. La nausée, mais aussi l’énergie de résister. La peur, mais aussi la volonté de construire autre chose.
[H3 – Homophobie Rampante : La Crainte d’un Reflux Sociétal]
L’inquiétude exprimée par Masiero pour les couples homosexuels en milieu rural est étayée par les chiffres. Selon le rapport 2025 de SOS Homophobie, les actes anti-LGBT+ ont augmenté de 17% dans les zones périurbaines et rurales. Les campagnes, souvent idéalisées comme des havres de paix, peuvent aussi devenir des cages pour celles et ceux qui dérogent à la norme.
La comédienne, qui n’a jamais caché ses engagements, touche ici un point sensible : la visibilité acquise ces dernières décennies pourrait n’être qu’un vernis fragile. Un changement de majorité, et ce sont des années de combats associatifs qui pourraient s’effriter.



