La chanteuse Guesch Patti, interprète d’Étienne, est morte à Paris à 80 ans

Étienne, le tube qui a traversé les décennies
En 1987, Guesch Patti sort l’album Labyrinthe, porté par un titre qui va bouleverser sa carrière : Étienne. Le succès est immédiat. La chanson s’écoule à plus d’un million et demi d’exemplaires en France, un chiffre considérable pour l’époque. Elle atteint également le top 10 des ventes en Suisse, en Autriche et en Italie, preuve que la chanson française peut séduire bien au-delà des frontières. Le morceau séduit par son énergie, sa tension dramatique et la voix grave de la chanteuse, qui tranche avec les standards de la variété de l’époque. En pleine période de renouveau de la variété française, Étienne s’est imposé comme un titre fédérateur, diffusé en boucle sur les radios et dans les émissions de télévision. Près de quatre décennies plus tard, il reste un classique des soirées rétro et des playlists consacrées aux années 80, régulièrement redécouvert par de nouvelles générations.
Une artiste récompensée et immédiatement reconnaissable
Le succès d’Étienne ne relève pas du hasard. En 1987, Guesch Patti est sacrée révélation féminine de l’année aux Victoires de la musique. Cette distinction vient couronner un travail commencé bien avant le tube. Son style affirmé, sa présence physique héritée de la danse et sa voix chaude et grave la distinguent immédiatement des autres artistes. Là où beaucoup misaient sur des refrains faciles, elle imposait une interprétation plus habitée, presque théâtrale. Sur scène, elle savait habiter chaque chanson comme une comédienne. Alors que la scène musicale française voyait émerger de nombreuses voix féminines, elle a su creuser un sillon à part, ni tout à fait rock, ni tout à fait variété, mais profondément singulier. Cette indépendance artistique lui a valu le respect de ses pairs et une longévité rare.



