Julie Depardieu Brise le Silence sur son Père : entre Amour Filial et Accusations Accablantes

“Il Prend Tout” : la Métaphore du Paratonnerre
L’une des formules les plus frappantes de Julie Depardieu dans ses prises de parole récentes est aussi l’une des plus révélatrices de son état d’esprit : “C’est comme une sorte de paratonnerre. Il prend tout !”
Derrière cette image se cache une réflexion plus complexe qu’il n’y paraît. Julie Depardieu ne nie pas que son père ait pu commettre des actes répréhensibles — elle le dit elle-même : “Je ne dis pas qu’il n’a rien fait.” Mais elle interroge la proportion et la nature de la réaction collective à son égard.
Pour elle, la violence du rejet social subi par Gérard Depardieu dépasse parfois ce qui lui est concrètement reproché — ou du moins, la façon dont cette réprobation s’exprime dans l’espace médiatique et public. “J’ai vraiment été surprise par la violence du rejet de cet homme qu’on a idolâtré toute sa vie. Personne n’ose plus rien dire. Lui dit des choses », avait-elle déclaré sur le plateau de CNews, peu après la diffusion du reportage de Complément d’enquête.
Cette distinction entre ce que l’on reproche à quelqu’un et la façon dont la société choisit de le détruire est un débat légitime — même s’il est périlleux de l’entretenir lorsque les accusations en jeu touchent à des violences sexuelles.
“Cette Chasse à l’Homme est Dégueulasse” : une Prise de Position Controversée
Sur le plateau de CNews, Julie Depardieu était allée plus loin — peut-être trop loin aux yeux de certains. Face aux accusations portées par le reportage de Complément d’enquête, elle avait fermement pris la défense de son père en termes qui avaient suscité une réaction.
“Cette chasse à l’homme est vraiment dégueulasse, et même si ce n’était pas mon père, je le penserais aussi”, avait-elle affirmé. Avant d’ajouter cette comparaison, qui a suscité une vive polémique : “Est-ce que c’est un crime ? Ce n’est pas Bertrand Cantat qui a tué quelqu’un sur un radiateur.”
Ces mots ont été très mal reçus par une partie de l’opinion publique et des associations féministes, qui y ont vu une minimisation des faits reprochés à Gérard Depardieu. La comparaison avec Bertrand Cantat — condamné pour des faits d’une nature radicalement différente — a été perçue comme un argument à la fois maladroit et potentiellement blessant pour les victimes présumées.
Julie Depardieu s’est exprimée en fille — avec les lunettes déformantes que l’amour filial impose inévitablement. Mais dans un débat public où la question des violences faites aux femmes est centrale, ses formulations ont clairement dépassé ce qu’elle entendait probablement dire.
Gérard Depardieu Face à la Justice : ce qui l’Attend
Sur le plan judiciaire, la situation de Gérard Depardieu est sérieuse. L’acteur doit répondre de faits d’agressions sexuelles présumément commis en septembre 2021 sur le tournage du film Les Volets verts — accusations qu’il conteste catégoriquement.
La plainte de Charlotte Arnould, déposée il y a plusieurs années et longtemps dans les limbes judiciaires, suit également son cours. Et l’enquête pour fraude fiscale aggravée et blanchiment, liée à sa domiciliation fiscale belge contestée depuis 2013, ajoute une dimension supplémentaire à un dossier déjà particulièrement chargé.
Gérard Depardieu est présumé innocent de l’ensemble de ces faits jusqu’à ce que la justice en décide autrement. Mais l’accumulation des procédures en cours dessine le portrait d’un homme dont la relation à la loi — comme sa relation aux autres — soulève des questions auxquelles seuls les tribunaux pourront apporter des réponses définitives.
Conclusion
L’histoire de Julie Depardieu face aux déboires de son père est avant tout une histoire humaine — celle d’une femme prise entre l’amour qu’elle porte à un père imparfait et la conscience des actes qui lui sont reprochés. Une position inconfortable, contradictoire, douloureuse — et profondément honnête dans la manière dont elle a choisi de l’exprimer.
Elle ne sauve pas son père. Elle ne le condamne pas non plus entièrement. Elle souligne la complexité — et c’est peut-être la seule chose que l’on puisse faire lorsque la réalité judiciaire et la réalité familiale entrent en collision frontale.
La justice, elle, finira par trancher. Et c’est bien la seule instance légitime pour le faire.



