Jean-Pierre Foucault brise le silence : à 14 ans, on lui a caché l’assassinat de son père en Algérie

Retour sur le drame de 1962 : l’assassinat de Robert Foucault en pleine guerre d’Algérie
Le 19 février 1962, Robert Foucault, exportateur de fruits et légumes installé en Algérie, est tué par balles à Alger. Nous sommes à quelques semaines des accords d’Évian qui mettront fin à la guerre, et la capitale algérienne est en proie à une extrême violence. Attentats, règlements de comptes et actions de l’OAS plongent le pays dans le chaos. Dans ce contexte, la mort de Robert Foucault survient brutalement, sans que sa famille ne comprenne immédiatement ce qui s’est vraiment passé.
À l’époque, Jean‑Pierre Foucault est déjà en France avec sa mère et une partie de sa fratrie. Les proches qui restent sur place décident de protéger les enfants en maquillant la réalité. « On m’a dit que mon père avait eu un accident de voiture, c’est tout. C’était plus simple, moins violent », a-t-il confié. Ce n’est que des années plus tard, en retrouvant par hasard des coupures de presse de l’époque et en écoutant les confidences murmurées d’un oncle, qu’il comprendra que son père a été visé intentionnellement, abattu de deux balles en pleine rue par un ou plusieurs individus jamais clairement identifiés.
Ce drame familial s’inscrit dans la tourmente des derniers mois de l’Algérie française. Beaucoup de civils européens furent alors victimes de violences, et l’assassinat de Robert Foucault reste à ce jour une affaire non résolue. L’absence de procès et de clarification a ajouté un poids supplémentaire au deuil de la famille Foucault, contrainte de faire le deuil sans pouvoir nommer les coupables.



