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“Je n’ai jamais renoncé à l’amour” : Gisèle Pelicot se confie un an après le procès des viols de Mazan

Il y a un an, le monde découvrait avec horreur l’affaire des viols de Mazan. Pendant des années, Dominique Pelicot avait drogué sa femme, Gisèle, et livré son corps inconscient à des dizaines d’hommes recrutés sur internet. Cinquante et un accusés. Des années d’abus. Une trahison absolue.

Mais quand la justice a appelé, Gisèle Pelicot a choisi la lumière. Elle a refusé le huis clos. Elle a regardé ses agresseurs dans les yeux. Elle a imposé la transparence, transformant son calvaire en combat collectif contre les violences sexuelles.

Aujourd’hui, un an après la confirmation des condamnations, elle publie “Et la joie de vivre” aux Éditions Flammarion. Un livre qui ne parle pas que du passé. Un livre qui raconte la reconstruction, les cicatrices, mais aussi l’élan vers l’avenir.

Invitée de “20h30 Le Dimanche” face à Laurent Delahousse, Gisèle Pelicot s’est livrée sans détour. À 73 ans, elle parle d’amour, de renaissance, de cette « chance » d’avoir rencontré quelqu’un après l’horreur. Un témoignage bouleversant de dignité et de force.

Le procès qui a marqué l’histoire

Une affaire hors norme

L’affaire des viols de Mazan a secoué la France et le monde. Pendant près d’une décennie, Dominique Pelicot a administré de puissants sédatifs à sa femme, la plongeant dans un sommeil profond. Inconsciente, elle a été violée par des dizaines d’hommes, recrutés sur Internet, et filmée par son mari.

Le procès, qui s’est tenu en 2025, a révélé l’ampleur du drame. Cinquante et un accusés ont comparu. Les audiences ont été suivies par les médias du monde entier. Le public a découvert une femme déterminée, qui a imposé la transparence et refusé le huis clos.

La condamnation

En octobre 2025, la cour a rendu son verdict. Dominique Pelicot a été condamné. Les cinquante et un accusés ont été jugés. Un seul a fait appel, mais la condamnation a été confirmée.

Pour Gisèle Pelicot, c’était une étape nécessaire, mais pas suffisante. La justice passe, la vie continue. Et c’est cette vie qu’elle raconte aujourd’hui.

Le livre : “Et la joie de vivre”

Un titre qui dit tout

“Et la joie de vivre”. Le titre du livre de Gisèle Pelicot est en lui-même un manifeste. Après l’horreur, après la trahison, après le procès, il y a encore de la place pour la joie.

Publié le 17 février 2026 aux Éditions Flammarion, l’ouvrage raconte la reconstruction. Gisèle y partage ses failles, ses doutes, mais aussi sa force. Elle assume tout : la douleur, la colère surmontée, la décision d’avancer.

Une parole libératrice

Dans son livre, Gisèle Pelicot ne se contente pas de raconter son histoire. Elle porte une parole forte sur les violences sexuelles, sur l’éducation, sur ce que la société doit changer.

Elle appelle à une prise de conscience collective. Elle invite à regarder la réalité en face, sans détour, sans hypocrisie. Mais elle refuse les amalgames. Elle ne place pas tous les hommes dans la même catégorie que ses agresseurs.

“On est fait pour vivre ensemble”, affirme-t-elle. Une phrase simple, mais puissante, qui dit la complexité d’une femme refusant de se laisser enfermer dans la haine.

La reconstruction après l’indicible

Changer d’environnement

Après le procès, Gisèle Pelicot a choisi de changer d’environnement. Partir, recommencer, laisser derrière elle les lieux imprégnés de souvenirs douloureux.

Chaque étape de cette reconstruction a compté. Chaque jour, une victoire. Chaque matin, la décision de continuer à avancer.

Ne pas oublier, mais cicatriser

Invitée dans “20h30 Le Dimanche”, face à Laurent Delahousse, Gisèle Pelicot s’est confiée avec une sincérité désarmante :

“On ne peut pas oublier. J’essaie de cicatriser.”

Ces mots résument tout. L’oubli est impossible. Les souvenirs sont là, à jamais. Mais la cicatrisation est possible. Lentement, patiemment, les blessures se referment. Pas pour disparaître, mais pour devenir supportables.

Refuser la haine

À 73 ans, Gisèle Pelicot cherche la paix intérieure. Elle ne pardonne pas ; ce serait trop demander. Mais elle refuse la haine et la colère. Elle choisit la dignité.

Cette posture force le respect. Elle montre une force rare, presque surhumaine. Malgré l’horreur vécue, elle refuse de se laisser définir par ses agresseurs.

L’amour après l’horreur

“Je n’ai jamais renoncé”

Une question revient inévitablement : après un tel traumatisme, peut-on encore aimer ? Gisèle Pelicot répond sans hésitation :

“Je n’ai jamais renoncé.”

Ces mots sont un coup de poing. Ils disent la résilience, la capacité à croire encore en l’autre, malgré la trahison absolue de celui qui était le plus proche.

Une nouvelle rencontre

Aujourd’hui, Gisèle Pelicot partage sa vie avec un nouvel homme. Elle parle de lui avec une tendresse émouvante :

“J’ai eu la chance de rencontrer quelqu’un de merveilleux.”

Lui aussi a traversé des épreuves. Ils se comprennent. Ils se soutiennent. Leur relation est sincère, profonde, apaisée.

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