Isabelle Mergault est morte : l’actrice et réalisatrice succombe à un cancer à 67 ans, elle luttait aussi contre un trouble méconnu

Le monde du spectacle français pleure la disparition d’Isabelle Mergault. L’actrice et réalisatrice est décédée vendredi 20 mars 2026 à Neuilly-sur-Seine, à l’âge de 67 ans. Ses proches ont précisé qu’elle se battait depuis plusieurs mois contre un cancer, une maladie qu’elle affrontait avec le même courage et la même lucidité qu’elle mettait dans tout ce qu’elle entreprenait. Cette perte touche profondément le public, ses collègues et tous ceux qui aimaient sa voix, son humour et sa manière unique d’être au monde.
Isabelle Mergault était une figure familière des médias français. Ses participations régulières aux “Grosses Têtes” sur RTL, aux côtés de Laurent Ruquier, ont marqué des générations d’auditeurs. Son humour incisif, sa spontanéité désarmante et sa personnalité attachante faisaient d’elle une voix incontournable de la radio. Chaque intervention était un moment de grâce, où elle alliait des réparties cinglantes et des confidences sincères. La nouvelle de sa mort a été confirmée par l’animateur à l’AFP, déclenchant une vague d’hommages immédiate sur les réseaux sociaux.
Un combat méconnu contre la potomanie
Mais au-delà du cancer qui a finalement eu raison d’elle, Isabelle Mergault avait affronté un autre combat, moins connu du grand public, tout aussi éprouvant. Elle souffrait de potomanie, un trouble alimentaire rare et souvent méconnu. Ce trouble se caractérise par une envie incontrôlable de boire de grandes quantités d’eau, bien au-delà des besoins physiologiques normaux. Certaines personnes atteintes peuvent absorber jusqu’à 10 litres par jour, ce qui met leur organisme en danger. Les risques sont multiples : hyponatrémie (chute du taux de sodium dans le sang), œdèmes cérébraux, insuffisances rénales, et dans les cas extrêmes, complications mortelles.
Isabelle Mergault évoquait souvent sa potomanie avec humour et franchise, comme elle le savait faire. Sur le plateau de France 2, elle expliquait sans tabou : “Il me fallait au moins 5 litres d’eau par jour. Mes parents, qui étaient médecins, m’ont dit : « Arrête, tu vas te bousiller les reins.’ Mais j’avais vraiment soif.” Ce trouble, qui peut paraître anodin à première vue, est en réalité très dangereux. Pendant des années, elle a vécu avec cette soif incessante, cette contrainte de boire en permanence, cette sensation que son corps lui réclamait toujours davantage d’eau.
Au fil du temps, Isabelle a appris à maîtriser cette addiction. Sa lucidité, sa détermination et sa connaissance de son propre corps lui ont permis de reprendre le contrôle. Elle expliquait, avec sa légèreté caractéristique, que, malgré ce besoin constant d’eau, elle avait réussi à gérer sa santé et à poursuivre ses activités professionnelles sans que ce trouble ne la freine. Elle avait trouvé un équilibre, une façon de composer avec cette pulsion sans se laisser submerger. Ce courage, cette capacité à affronter ses faiblesses et à les apprivoiser, font partie intégrante de son héritage.
La potomanie reste un trouble mal connu du grand public. Souvent confondue avec une simple habitude de boire beaucoup, elle relève en réalité d’un mécanisme psychologique et physiologique complexe. En parlant de sa propre expérience, Isabelle Mergault a contribué à faire connaître cette pathologie, à lever le voile sur un sujet tabou, et à aider d’autres personnes qui souffraient en silence de ce même trouble.



