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Hugues Aufray, 97 ans : « Bon, ben c’est raté ! » le regret inattendu d’une légende après 70 ans de carrière

Le poids d’un frère disparu trop tôt

Le regret d’Hugues Aufray ne se limite pas à la sculpture. Il plonge ses racines dans une blessure bien plus profonde, celle de la disparition de son frère. Ce dernier, chanteur d’opéra au talent rare, s’est suicidé en 1955, à seulement 27 ans. Un drame qui a marqué l’artiste à vie et qui continue de l’accompagner chaque fois qu’il monte sur scène.

« Tous les jours, quand je monte sur scène, je me dis que je suis à la place de mon frère », a-t-il confié. Une phrase qui donne froid dans le dos, tant elle révèle la dimension presque sacrificielle de sa vocation. Hugues Aufray a longtemps détesté sa propre voix, et il en a expliqué la raison avec une franchise désarmante : « J’avais un frère qui avait une des plus belles voix du monde et qui aurait pu faire une carrière dans l’opéra, dans la musique classique internationale, s’il n’avait pas choisi de quitter le monde à 27 ans. »

Difficile d’imaginer fardeau plus lourd pour un chanteur. Chaque concert devient alors un hommage silencieux, chaque note une manière de prolonger une voix éteinte. Loin du simple caprice d’artiste, le constat d’Hugues Aufray prend ici une dimension profondément humaine, presque tragique.

Une reconnaissance officielle qui ne comble pas tout

Malgré ces regrets, force est de constater que la carrière d’Hugues Aufray n’a rien d’un échec. Lundi 14 septembre, il a été reçu à l’Élysée par Emmanuel Macron, en compagnie de son épouse Murielle, de quarante-cinq ans sa cadette. Le chef de l’État l’a décoré au rang de commandeur du Mérite, saluant un parcours hors norme.

« Vos chansons sont reprises en chœur par toutes les générations. La France vous dit merci pour avoir mis des chevaux dans nos rêves et de la fraternité dans vos chansons », a déclaré le président de la République lors de son discours. Une formule qui résume assez bien l’héritage d’un homme dont le répertoire, de « Santiano » à « Stewball », a bercé plusieurs générations de Français.

D’autres figures du monde culturel ont été honorées lors de cette même cérémonie, notamment le producteur et distributeur de cinéma Marin Karmitz, élevé au rang de grand officier de la Légion d’honneur, ou encore l’éditeur Antoine Gallimard, fait officier du Mérite. Un plateau prestigieux, à la hauteur de la trace laissée par le chanteur dans la chanson française.


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