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Fusillade dans un lycée de Nonthaburi : 6 morts, la Thaïlande à nouveau sous le choc

Santé mentale des adolescents : briser le silence

Au-delà des aspects sécuritaires, un autre enjeu sous-jacent à ces fusillades est celui de la santé mentale des jeunes. Dans ce type de drame, le parcours du tireur suscite toujours des interrogations sur son état psychologique, son environnement familial et social, et d’éventuels signes avant-coureurs. Or, en Thaïlande comme dans de nombreux pays, la santé mentale des adolescents reste un sujet tabou, peu abordé dans les programmes scolaires et insuffisamment pris en charge par les systèmes de soins.

Détecter précocement les signes de détresse chez un élève suppose de former les professeurs et les parents à reconnaître les signaux d’alerte : isolement brutal, changement de comportement, propos violents ou fascination pour les armes. La mise en place de cellules d’écoute psychologique dans chaque établissement, ainsi que de programmes de prévention des violences, pourrait aider à désamorcer des passages à l’acte avant qu’ils ne se produisent. Des plateformes de formation en ligne pour le personnel éducatif, dédiées aux premiers secours en santé mentale, se développent d’ailleurs dans plusieurs régions du monde. Leur coût reste modeste au regard des bénéfices humains.

Le développement de services de bien-être psychologique accessibles aux jeunes, y compris via des applications mobiles, est une piste complémentaire qui mérite d’être encouragée. Ces outils offrent un espace de parole anonyme et un accès rapide à des professionnels. Dans un contexte où le nombre de psychologues scolaires est souvent très limité, la technologie peut constituer un appui précieux.

Contrôle des armes : entre promesses et réalité

La question du contrôle des armes à feu refait surface à chaque tragédie. Après le massacre de la garderie en 2022, le gouvernement thaïlandais avait annoncé un durcissement des règles, avec notamment un meilleur suivi des permis et des obligations de stockage sécurisé. Mais ces mesures tardent à produire des effets visibles, et les drames continuent.

Les experts pointent plusieurs obstacles. D’abord, le poids des lobbies pro-armes et une culture où la possession d’un pistolet est perçue comme un moyen de protection personnelle. Ensuite, le marché noir, qui échappe à tout contrôle et alimente une grande partie des armes en circulation. Enfin, l’absence de sanctions suffisamment dissuasives en cas de négligence de détenteurs légaux dont les armes sont utilisées par des mineurs.

La tragédie de Nonthaburi rappelle cruellement l’importance de sécuriser les armes à domicile. Si le grand-père du tireur avait conservé son pistolet dans un coffre verrouillé, les événements auraient-ils pu être évités ? La question se pose avec d’autant plus d’acuité que, selon les premiers éléments, l’adolescent a pu s’en emparer sans difficulté. Un renforcement des obligations de stockage, associé à des campagnes de sensibilisation, pourrait réduire le nombre d’accidents et d’actes volontaires chez les jeunes.


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