Drame d’Orange : une mère en garde à vue après la découverte des ossements de cinq nourrissons

Un précédent tragique : l’affaire Cottrez et ses leçons
Cette affaire ravive le souvenir d’un dossier qui avait marqué la France en 2010. Dans le Nord, Dominique Cottrez, ancienne aide-soignante, avait été condamnée en 2015 à neuf ans de prison après la découverte des corps de huit nouveau-nés dans son jardin et son garage. Elle avait expliqué avoir vécu des dénis de grossesse successifs et avoir agi seule, sans que son entourage ne remarque quoi que ce soit.
Ce précédent judiciaire offre des parallèles troublants avec l’affaire d’Orange. Dans les deux cas, des grossesses répétées sont passées inaperçues aux yeux du conjoint, des voisins et parfois même des médecins. Les experts psychiatres soulignent que le déni de grossesse peut s’accompagner de mécanismes de dissimulation extrêmement efficaces. La honte, la peur du jugement ou un état de stress post-traumatique peuvent pousser une mère à taire sa grossesse et à agir seule au moment de l’accouchement.
Les questions que soulève cette tragédie
- Comment des grossesses peuvent-elles rester cachées aussi longtemps ? Le déni de grossesse total est rare mais réel. Dans certains cas, la femme elle-même ignore son état. Dans d’autres, elle le dissimule par peur ou par honte.
- Quels signaux auraient pu alerter l’entourage ? Les proches, les collègues de travail ou les professionnels de santé peuvent passer à côté de signes pourtant visibles (prise de poids, absence de règles, mouvements fœtaux).
- Comment la justice peut-elle distinguer l’infanticide du meurtre ? En droit français, l’infanticide est un meurtre commis sur un nouveau-né par sa mère dans les heures suivant la naissance. Mais la loi évolue : depuis 2021, ce crime n’est plus spécifiquement puni, et les faits relèvent désormais du meurtre de mineur de moins de 15 ans.



