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Drame à Gagny : une octogénaire atteinte d’Alzheimer tuée par balle par son mari, qui a ensuite tenté de se suicider

Un fait divers glaçant s’est produit à Gagny, en Seine-Saint-Denis. Une femme de 84 ans a été tuée par balle par son mari de 88 ans, qui a ensuite tenté de se suicider à l’arme à feu. C’est leur fils, sans nouvelles de ses parents, qui a fait la macabre découverte ce jeudi 9 avril 2026 vers 19 h.

Il a retrouvé « son père, âgé de 88 ans, allongé dans le salon, et sa mère, âgée de 84 ans, inanimée et allongée sur un lit ensanglanté », a expliqué le parquet de Bobigny à l’AFP. Une scène d’horreur, dans une maison de quartier résidentiel, qui a choqué les habitants de la commune.

« L’époux a tué sa femme malade avant de retourner l’arme contre lui »

Le parquet a ensuite révélé que « l’époux aurait tué sa femme malade avec une arme à feu avant de retourner l’arme contre lui ». Selon une source policière citée par Le Parisien, l’arme de poing a été retrouvée à proximité de la victime. Il s’agirait d’un revolver de petit calibre, probablement détenu légalement (le mari, âgé de 88 ans, pouvait être chasseur ou collectionneur).

La victime avait été diagnostiquée six mois auparavant comme souffrant de la maladie d’Alzheimer, à un stade modéré à sévère. Selon des voisins, son état s’était dégradé rapidement ces dernières semaines. Le couple vivait ensemble depuis plus de 60 ans et était décrit comme « très uni » et « sans histoires ».

Son mari a été transporté à l’hôpital, dans un état de « conscience ». Il souffre d’une blessure par balle (probablement à la tête ou au thorax) mais ses jours ne sont pas en danger. Il a été entendu par les enquêteurs à son chevet. Il aurait exprimé des regrets, expliquant qu’il ne supportait plus de voir sa femme souffrir et qu’il ne voulait pas la placer en institution.

Une enquête ouverte pour « homicide conjugal »

La police judiciaire de Seine-Saint-Denis (SDPJ 93) a été chargée de poursuivre l’enquête ouverte pour « homicide conjugal ». Une enquête qui devra déterminer si l’arme était détenue légalement, si le mari avait prémédité son geste, et s’il avait déjà fait part de son intention à son entourage.

Ce nouveau drame n’est pas sans rappeler le féminicide survenu quelques jours plus tôt dans le même département. En effet, mardi 7 avril 2026, une femme de 76 ans a été retrouvée morte dans son domicile à Bondy. Un meurtre qui a été avoué par son compagnon de 44 ans lors de sa garde à vue, a indiqué le parquet de Bobigny. Deux féminicides en trois jours, deux drames qui ont endeuillé la Seine-Saint-Denis.

Un drame qui soulève la question de la fin de vie

Ce fait divers relance le débat sur l’accompagnement des personnes âgées malades, et sur la détresse des conjoints aidants. Le mari de la victime, âgé de 88 ans, était le principal aidant de sa femme. La maladie d’Alzheimer est particulièrement éprouvante : troubles de la mémoire, confusion, agitation, perte d’autonomie, parfois agressivité. L’aidant peut sombrer dans l’épuisement, la dépression, le désespoir.

Des associations de lutte contre la maladie d’Alzheimer (France Alzheimer, etc.) rappellent que l’aidant ne doit pas rester isolé. Des structures existent : accueil de jour, hébergement temporaire, groupes de parole, aides financières. Mais en réalité, beaucoup de conjoints âgés refusent de se séparer de leur moitié, même pour quelques heures. Ils s’épuisent en silence, jusqu’au drame.

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