Disparition de Lyhanna : un agriculteur lève le voile sur le silo où le corps a été retrouvé

Le lien troublant avec le principal suspect
Les enquêteurs n’ont pas mis longtemps à établir un lien entre ce silo et Jérôme B., le principal suspect dans cette affaire. Cet homme, âgé d’une quarantaine d’années, a été mis en examen pour « enlèvement et séquestration d’un mineur de moins de 15 ans » et placé en détention provisoire. Les investigations ont révélé qu’il avait travaillé comme ouvrier agricole dans l’exploitation où se trouve le silo. Une information capitale qui a orienté les fouilles vers cette zone précise.
Le procureur de la République d’Agen, Olivier Naboulet, a confirmé dans un communiqué que le corps retrouvé portait des « vêtements similaires à ceux » que Lyhanna portait le jour de sa disparition. Une autopsie doit être réalisée « dans les prochaines heures » pour confirmer l’identité de la victime et déterminer les causes exactes du décès. En attendant, les parents de la collégienne, par la voix de leur avocat Me François Roujou de Boubée, ont exprimé leur douleur : « La tristesse et la colère des parents ne sauraient être exprimées. Dans l’attente de l’autopsie, le temps est maintenant au recueillement et au deuil. »
Les battues citoyennes : un élan de solidarité brisé
Depuis la disparition de Lyhanna le 29 mai, la communauté de Fleurance s’était mobilisée sans relâche. Des centaines de personnes avaient participé aux battues organisées par la gendarmerie et les associations locales. L’agriculteur interrogé faisait partie de ces volontaires. Il raconte avoir parcouru les champs, les bois et les fermes abandonnées, sans jamais imaginer que le corps se trouvait si près, dans un silo qu’il connaissait pourtant bien.
Cette mobilisation citoyenne est un exemple poignant de la solidarité qui peut émerger dans les petites communes rurales face à une tragédie. Mais elle soulève aussi une question douloureuse : comment un lieu aussi proche a-t-il pu échapper aux regards pendant plusieurs jours ? La réponse tient sans doute à la nature même du silo : un bâtiment fermé, difficile d’accès, et surtout, un lieu que personne n’avait de raison de visiter. Comme le dit l’agriculteur, « avec le peu de monde qui passe sur ces routes, n’importe qui peut passer et vous passerez inaperçu ».



