Disparition de Lyhanna dans le Gers : les mots poignants de sa mère, “elle est capable de…”

Comprendre les fugues adolescentes : un phénomène complexe
Chaque année en France, environ 40 000 mineurs font l’objet d’une disparition inquiétante. Dans la grande majorité des cas, il s’agit de fugues. Loin d’être un simple caprice, la fugue est souvent le symptôme d’un mal-être profond. Les raisons sont multiples : conflits familiaux, harcèlement scolaire, difficultés sentimentales, ou encore troubles psychologiques. Pour Lyhanna, sa mère évoque une possible “crise d’adolescence un peu plus forte que les autres”. Mais elle n’exclut pas non plus l’influence d’une mauvaise rencontre.
Les adolescents qui fuguent ne mesurent pas toujours les dangers. Ils se retrouvent souvent livrés à eux-mêmes, sans ressources, et peuvent tomber dans des réseaux de trafic, d’exploitation ou de délinquance. C’est pourquoi la réactivité est cruciale. Dès les premières heures, il faut signaler la disparition aux autorités. Ne pas attendre 24 ou 48 heures, un mythe tenace mais totalement faux. Une disparition de mineur est traitée immédiatement.
Pour les parents, vivre une fugue est une épreuve traumatisante. La culpabilité, l’angoisse et l’impuissance se mêlent. Des associations comme la Fondation pour l’Enfance ou Allô Enfance en Danger (119) offrent un soutien psychologique précieux. Il ne faut pas hésiter à les contacter. Parler à des professionnels permet de mieux gérer la crise et d’obtenir des conseils concrets sur la conduite à tenir.
Les mots qui sauvent : l’importance de la communication
L’une des phrases les plus marquantes de la mère de Lyhanna est celle-ci : “Je lui dirais que je suis désolée si j’ai fait quelque chose de mal.” Cette déclaration montre une remise en question sincère. Dans les familles, la communication est souvent le premier maillon qui casse. Les adolescents ont besoin de se sentir écoutés, compris et respectés dans leurs émotions, même si celles-ci semblent démesurées aux yeux des adultes.
Les experts en éducation et en psychologie insistent sur l’importance de maintenir un dialogue ouvert, sans jugement. Poser des questions fermées du type “Pourquoi as-tu fait ça ?” est souvent perçu comme une attaque. Il est préférable d’utiliser des phrases comme “Je vois que tu es en colère, veux-tu m’en parler ?” ou “Je suis là pour toi, quoi qu’il arrive.” Cette approche, bien que simple, peut désamorcer des conflits et éviter des situations extrêmes comme une fugue.
Dans le cas de Lyhanna, sa mère espère que ces mots, portés par les médias, toucheront sa fille où qu’elle soit. “Si elle voit que je comprends, peut-être qu’elle reviendra”, murmure-t-elle. Un espoir fragile, mais qui montre à quel point l’amour maternel peut être une force puissante, même dans l’adversité.



