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Carburant : la guerre en Iran fait flamber les prix à la pompe – jusqu’où peut-on aller ?

Les images nous ramènent quelques années en arrière. Des files de voitures devant les stations-service. Des automobilistes inquiets qui remplissent le réservoir “au cas où”. Des regards anxieux sur l’afficheur des prix.

La guerre en Iran, déclenchée fin février par des frappes américano-israéliennes, a déjà des conséquences très concrètes sur le portefeuille des Français. Le détroit d’Ormuz, par où transite près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole, est paralysé. Le baril de Brent flambe. Et les prix à la pompe commencent à grimper.

Pour l’instant, la hausse est limitée : quelques centimes, selon la ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon. Mais l’incertitude est totale. Si le conflit s’intensifie et que les installations pétrolières de la région sont touchées, le baril pourrait atteindre 100 dollars et l’essence prendre 20 centimes de plus.

Le gouvernement tente de rassurer : pas de risque de pénurie, des stocks stratégiques pour trois mois, des contrôles pour éviter les abus. Mais l’inquiétude des automobilistes est légitime.

Dans cet article, nous faisons le point sur la situation, sur les causes de cette hausse, sur son ampleur prévisible et sur ce que les automobilistes doivent attendre dans les prochaines semaines.

Le contexte : la guerre en Iran et le détroit d’Ormuz

Un conflit qui embrase la région

Depuis le 28 février 2026, les frappes américano-israéliennes s’intensifient contre l’Iran. Plus de 500 morts selon le Croissant-Rouge iranien, des infrastructures militaires et civiles touchées, et une menace constante d’élargissement du conflit à l’ensemble de la région.

Dans ce contexte, le détroit d’Ormuz, ce passage stratégique entre le golfe Persique et le golfe d’Oman, est devenu une zone à haut risque.

Le détroit d’Ormuz, verrou du pétrole mondial

Le détroit d’Ormuz est l’un des points de passage les plus importants pour le transport maritime de pétrole. Environ 20 % de la consommation mondiale de brut y transite chaque jour.

Depuis le début des hostilités, le trafic y est quasi suspendu. Les compagnies maritimes hésitent à envoyer leurs navires dans une zone de guerre. Les assurances flambent. Les cargaisons se font rares.

Résultat : l’offre de pétrole sur le marché mondial diminue mécaniquement, et les prix grimpent.

L’impact sur le prix du baril

Le baril de Brent s’envole

Le baril de Brent, référence mondiale des prix du pétrole, approche désormais les 84 dollars, soit environ 77 euros. Avant la crise, il tournait autour de 72 dollars (soit 66 euros).

Cette hausse de 12 dollars en quelques jours est directement liée aux tensions géopolitiques. Et elle n’est peut-être qu’un début.

Jusqu’à 100 dollars ?

Les experts d’Eurasia Group préviennent : “En cas d’interruption prolongée des livraisons via Ormuz, le pétrole brut pourrait rapidement grimper jusqu’à 100 dollars le baril, notamment en cas d’attaques contre les installations pétrolières dans la région.”

100 dollars le baril, c’est un scénario qui fait froid dans le dos des automobilistes français.

La conséquence sur les prix à la pompe

Le mécanisme de transmission

Comment la hausse du baril se répercute-t-elle sur le prix à la pompe ? Francis Pousse, président du syndicat Mobilians, explique le mécanisme :

“Une hausse d’un dollar du baril américain entraîne une hausse moyenne de 0,7 centime par litre d’essence.”

Avec une hausse de 12 dollars depuis le début de la crise, cela représente déjà environ 8 à 9 centimes par litre. Mais l’effet n’est pas immédiat : il faut quelques jours pour que les nouveaux prix se répercutent dans les stations.

Les annonces du gouvernement

Interrogée sur BFMTV-RMC, Maud Bregeon, ministre déléguée à l’Énergie, a reconnu la hausse à venir :

“À court terme, on peut s’attendre à une hausse de quelques centimes, contenue et limitée.”

Elle précise qu’il s’agit d’une moyenne, avec des « différences d’une station-service à l’autre ». La suite dépendra de “l’intensité du conflit”.

Le scénario du pire

Si le baril atteignait 100 dollars, la hausse serait plus marquée. Francis Pousse calcule :

“Si effectivement il y a une augmentation de 100 dollars, ce qui reste à vérifier, cela nous fera une vingtaine de centimes de plus à la pompe.”

Vingt centimes de plus par litre, c’est une augmentation significative pour les budgets des ménages.

Le risque de pénurie

Des stocks stratégiques

Face aux inquiétudes des automobilistes, le gouvernement tente de rassurer. Maud Bregeon assure qu’il n’y a “aucun risque de rupture d’approvisionnement”.

La France dispose de stocks stratégiques représentant environ 90 jours de consommation. Ces réserves, obligatoires, permettent de faire face à des situations d’urgence comme celle-ci.

Des tensions locales possibles

Reste que des ruées ponctuelles dans certaines stations peuvent susciter des tensions locales. Si les automobilistes se précipitent pour faire le plein “au cas où”, certaines pompes peuvent se retrouver temporairement à sec.

C’est un phénomène psychologique plus que réel, mais il peut entraîner des files d’attente et des inquiétudes.

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