Canicule meurtrière de juin 2026 : plus de 2 025 décès supplémentaires, un bilan encore provisoire

Comment sont comptabilisés les décès pendant la canicule ?
Pour comprendre ce bilan, il faut regarder la méthode de comptage. Santé publique France s’appuie d’abord sur les certificats électroniques de décès, qui couvrent environ 60 % de la mortalité nationale. Ce taux varie fortement selon les lieux : près de 80 % à l’hôpital, 45 % en EHPAD et seulement 25 % à domicile. Autrement dit, plus un décès survient au domicile, moins il a de chances d’être rapidement comptabilisé. L’agence sanitaire le reconnaît sans détour : les statistiques doivent être « interprétées avec prudence », car les données sont sous-estimées, notamment dans les zones les moins couvertes par le dispositif électronique. Or, c’est justement à domicile que la hausse a été la plus spectaculaire.
Les chiffres définitifs seront donc vraisemblablement plus élevés. L’Insee, qui couvre environ 84 % de la mortalité nationale, doit consolider ses données dans un délai d’environ trois semaines. En fin d’année, Santé publique France publiera une estimation de la mortalité annuelle attribuable à l’exposition de la population à la chaleur. En période de canicule, il est fréquent que les chiffres communiqués évoluent d’un jour à l’autre. Ce n’est pas un signe d’incohérence, mais la conséquence d’un système de remontée progressif. Les décès survenant à domicile, en particulier lors des week-ends ou dans les zones rurales, mettent davantage de temps à être enregistrés.



