Cancer de l’Estomac : Un Simple Bain de Bouche Pourrait le Détecter des Années à l’Avance

Ce que les Bactéries Buccales Révèlent sur l’Estomac
Les résultats de l’analyse sont frappants. Les chercheurs ont identifié 13 types de bactéries présentant des différences significatives entre les participants sains et les patients cancéreux ou précancéreux. Parmi les plus marquantes : une augmentation notable des bactéries de la famille des Rothiaceae, notamment Rothia et Leptotrichia, ainsi que de Lactobacillus dans le microbiome buccal des patients atteints de cancer gastrique.
Mais la découverte la plus précieuse réside ailleurs : les différences observées entre le groupe précancéreux et le groupe cancéreux étaient très faibles. Ce qui signifie que les modifications du microbiome buccal apparaissent dès le stade précancéreux — avant même que la maladie ne soit pleinement installée.
Le docteur Shruthi Reddy Perati, auteur principal de l’étude et résident en chirurgie générale à Rutgers, mesure parfaitement l’ampleur de cette avancée : “Savoir quelles sont les bactéries présentes dans la bouche nous renseigne sur l’environnement de l’estomac. C’est une découverte énorme qui pourrait conduire à des tests et à des directives susceptibles de changer la pratique.”
Du Stade Précancéreux au Cancer : une Fenêtre d’Intervention Précieuse
Cette capacité à détecter les changements dès le stade précancéreux est au cœur de l’intérêt clinique de la découverte. Car si les affections précancéreuses de l’estomac — inflammation chronique, gastrite atrophique, métaplasie intestinale — ne conduisent pas systématiquement au cancer, elles en augmentent significativement le risque.
Les statistiques sont éloquentes : parmi les patients chez qui une endoscopie révèle une inflammation de la muqueuse gastrique, une personne sur 50 développera un cancer de l’estomac dans les vingt prochaines années. Un risque modéré à l’échelle individuelle, mais considérable à l’échelle d’une population.
Disposer d’un outil de dépistage non invasif, réalisable en quelques secondes, capable d’identifier les patients à risque avant même l’apparition des symptômes : voilà ce que cette recherche laisse espérer. Une révolution préventive potentielle qui pourrait transformer la prise en charge du cancer gastrique dans les années à venir.
Conclusion
Le cancer de l’estomac tue en silence, précisément parce qu’il est rarement détecté à temps. La découverte du lien entre le microbiome buccal et l’environnement gastrique ouvre une voie prometteuse vers un dépistage précoce accessible, simple et non invasif. Si les recherches se confirment et aboutissent à des tests cliniques validés, un simple bain de bouche pourrait un jour sauver des milliers de vies chaque année.
En attendant, la vigilance reste votre meilleure alliée. Ne banalisez jamais des douleurs abdominales persistantes, une perte de poids inexpliquée ou une fatigue chronique. Consultez rapidement — et n’hésitez pas à demander un bilan digestif approfondi si vous présentez plusieurs des symptômes décrits dans cet article.



