Cancer colorectal : pourquoi il touche de plus en plus de jeunes (et les signes à surveiller)

Le piège des diagnostics erronés
Quand les médecins attribuent les symptômes à des hémorroïdes
L’un des problèmes majeurs, chez les jeunes adultes, c’est la tendance des médecins à attribuer les symptômes digestifs à des causes bénignes. Hémorroïdes, fissure anale, syndrome de l’intestin irritable, constipation… Les diagnostics alternatifs ne manquent pas.
Le résultat est un retard de diagnostic préjudiciable. Une étude récente a montré que les patients de moins de 50 ans atteints d’un cancer colorectal consultent en moyenne plusieurs fois avant qu’une coloscopie ne soit prescrite. Pendant ce temps, la maladie progresse.
Les spécialistes de l’American College of Surgeons appellent à une vigilance accrue. Face à des symptômes digestifs persistants chez un patient jeune, il faut savoir évoquer le cancer colorectal. Et ne pas hésiter à prescrire une coloscopie, même en l’absence de facteurs de risque.
L’importance de la persistance symptomatique
Un symptôme qui dure quelques jours n’est pas inquiétant. Un symptôme qui persiste pendant plusieurs semaines, oui. C’est ce critère temporel qui doit guider les patients et les médecins.
Les recommandations sont claires : si vous présentez l’un des signes évoqués pendant plus de trois semaines, consultez. Et si le médecin traitant n’est pas réactif, n’hésitez pas à demander un avis spécialisé. Votre santé en dépend.
Le dépistage : l’arme la plus efficace
Le test immunologique, simple et fiable
En France, le dépistage organisé du cancer colorectal repose sur un test immunologique. Simple et réalisable à domicile, il permet de détecter la présence de sang invisible dans les selles.
Concrètement, c’est un petit prélèvement à effectuer chez soi, à l’aide d’un bâtonnet, que l’on envoie gratuitement en laboratoire pour analyse. Le résultat est connu en quelques jours. En cas de positivité, une coloscopie est proposée pour explorer l’intérieur du côlon.
Ce test, pris en charge intégralement par l’Assurance Maladie, est actuellement proposé aux hommes et aux femmes de 50 à 74 ans. Un envoi est effectué tous les deux ans, accompagné d’un rappel.
Pourquoi le dépistage devrait commencer plus tôt
Les chiffres sont têtus. La progression du cancer colorectal chez les moins de 50 ans rend de plus en plus difficile la justification d’un dépistage à partir de 50 ans. Aux États-Unis, l’âge de départ a déjà été abaissé à 45 ans. Certains experts proposent même 40 ans pour les populations à risque.
En France, le débat est lancé. Des associations de lutte contre le cancer, des sociétés savantes et des parlementaires plaident pour l’élargissement du dépistage. Mais les arbitrages budgétaires et organisationnels freinent les évolutions.
En attendant, la vigilance individuelle reste essentielle. Si vous avez des symptômes, consultez. Si vous avez des antécédents familiaux, parlez-en à votre médecin. Une coloscopie de dépistage peut être prescrite avant 50 ans en cas de risque élevé.



