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Bonus retraite des pères de famille nombreuse : vers une disparition du fameux coup de pouce de 10 % dès 2027

Un effet d’aubaine qui creusait les inégalités

Il faut bien comprendre le mécanisme pour mesurer l’ampleur du problème. Prenons un exemple concret. Un cadre supérieur parti à la retraite avec une pension mensuelle de 3 000 euros et trois enfants à son actif recevait 300 euros supplémentaires chaque mois grâce à ce bonus. Une mère de famille qui, elle, avait dû interrompre sa carrière pour s’occuper des enfants et touchait une pension de 1 200 euros, ne recevait que 120 euros de majoration.

L’écart est saisissant, non ? Ce système proportionnel avait donc pour conséquence de récompenser davantage ceux qui avaient déjà les plus hautes pensions. Une véritable aberration sociale selon les associations féministes qui militaient depuis des années pour une refonte complète du dispositif. Le gouvernement a finalement décidé de les écouter, quitte à mécontenter une partie de l’électorat masculin.

Les projections démographiques n’arrangent rien. Avec le vieillissement de la population et l’arrivée à la retraite des générations du baby-boom, le coût de ce bonus ne fera qu’augmenter dans les années à venir. Il devenait donc urgent d’agir avant que la facture ne devienne totalement ingérable pour les caisses de retraite.

Un changement de cap radical dans le calcul des pensions

Face à ce constat, l’exécutif planche sur plusieurs pistes pour remplacer l’actuel système. La première option consisterait à instaurer une prime forfaitaire identique pour chaque enfant, quel que soit le niveau de revenus du parent. Fini le pourcentage qui profite aux plus aisés, place à un montant fixe qui garantirait une égalité de traitement entre tous les parents.

Une seconde piste évoque un plafonnement plus rigoureux pour les hautes rémunérations. Concrètement, le bonus de 10 % ne s’appliquerait plus qu’à une partie de la pension, dans la limite d’un certain plafond. Les retraités les plus aisés verraient ainsi leur majoration réduite, tandis que les petites pensions continueraient d’en profiter pleinement.

Enfin, une troisième hypothèse consiste à orienter les efforts vers les carrières des mères. Plutôt que de distribuer un bonus généralisé, l’État pourrait cibler ses aides sur les femmes dont la carrière a été pénalisée par les naissances. Cela passerait par une revalorisation des années d’interruption d’activité ou par un meilleur calcul des salaires pris en compte pour déterminer le montant de la retraite.


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