Bertrand Chameroy, chroniqueur de C à vous, raconte pourquoi l’hospitalisation psychiatrique a été un cadeau

De la mélancolie à la dépression : un mot qui a longtemps effrayé
Bertrand Chameroy ne le cache pas : le mot dépression lui a longtemps semblé trop lourd. Pendant des années, il préférait parler de mélancolie, un terme plus élégant, plus acceptable socialement. « C’est plus joli que dépression », a-t-il reconnu. Cette distinction n’est pas anodine. Elle reflète la manière dont beaucoup de personnes minimisent leur souffrance psychologique, surtout lorsqu’elles occupent un métier où l’on doit faire rire.
Le chroniqueur a décrit un mécanisme bien connu : mettre la poussière sous le tapis, sourire en public, puis s’effondrer une fois seul. Il se décrit comme quelqu’un de jovial et joyeux au quotidien, ce qui rend la dépression encore plus difficile à percevoir pour l’entourage. Mais à force de dissimuler, il a fini par sentir que les fils se touchaient, que la limite était atteinte. Cette prise de conscience a marqué un tournant dans son parcours de soin.
La dépression ne se résume pas à une tristesse passagère. Elle touche l’énergie, le sommeil, l’estime de soi et la capacité à accomplir les gestes les plus simples. En parler publiquement, comme le fait Bertrand Chameroy, contribue à casser un tabou qui reste très présent dans le monde du travail et dans les médias. Car derrière la notoriété, il y a une réalité humaine que personne ne devrait ignorer.
Hospitalisation psychiatrique : une décision mûrie par la nécessité
Avant d’en arriver là, Bertrand Chameroy avait déjà suivi des séances de psy et bénéficié d’un accompagnement. Il pensait aller mieux. Puis la réalité l’a rattrapé : malgré le soutien de ses proches, il se sentait démuni. Il raconte s’être dit qu’il fallait tenter autre chose, sans savoir exactement ce que cela donnerait. C’est ainsi qu’il a décidé de se faire hospitaliser en psychiatrie.
Cette phrase, il la revendique aujourd’hui : « C’est le plus beau cadeau que j’ai pu me faire. » Une confidence forte, qui résume à elle seule le soulagement ressenti après coup. Pour beaucoup, l’hospitalisation psychiatrique reste une décision effrayante. Elle paraît réservée aux cas extrêmes. Or, le récit du chroniqueur montre qu’elle peut aussi être un espace de soin, de repos et de remise à plat.
Dans son cas, la dépression sévère ne pouvait plus se soigner uniquement par des consultations ponctuelles. L’hospitalisation a offert un cadre, un rythme et une prise en charge plus intensive. Ce choix, souvent perçu comme un aveu de faiblesse, a été au contraire un acte de lucidité et de courage. Il en parle aujourd’hui avec une liberté qui force le respect.



