Bernard Verley, l’acteur de Grâce à Dieu et Dix pour cent, est mort à 86 ans

Grâce à Dieu : le rôle le plus troublant de sa carrière
C’est sans doute avec Grâce à Dieu, réalisé par François Ozon en 2019, que Bernard Verley aura livré l’une de ses prestations les plus marquantes. Il y incarnait le père Bernard Preynat, un prêtre accusé d’avoir abusé de plusieurs enfants. Un rôle lourd, dérangeant, que beaucoup d’acteurs auraient hésité à accepter.
Dans un entretien accordé à 20 Minutes et publié le 20 février 2019, il expliquait avoir dit oui sans hésiter, porté par la confiance qu’il accordait au réalisateur. Selon ses propres mots, il trouvait ce que raconte le film important et avait une confiance totale en François Ozon pour ne jamais tomber dans le sordide. Une manière de dire que le traitement du sujet comptait autant que le sujet lui-même.
Pour se glisser dans la peau du prêtre, Bernard Verley avait étudié ses interrogatoires. Il refusait toutefois de chercher la moindre excuse à son personnage. Il confiait ne pas lui avoir cherché d’excuse, mais avoir tenu à faire apparaître sa part d’humanité, estimant que tout le monde en a une. Cette approche nuancée témoigne d’une conscience aiguë du devoir de l’acteur face à des figures sombres.
Le malaise d’un comédien face à un personnage difficile
Le comédien n’a jamais caché la difficulté de l’exercice. Il affirmait qu’il était de son devoir d’incarner aussi des personnages comme celui-ci, tout en reconnaissant que ce n’était pas évident. Il évoquait un état de malaise bizarre, difficile à décrire, lorsqu’il devait le jouer. Cette honnêteté sur son propre inconfort donne la mesure de son professionnalisme : servir une œuvre sans jamais se cacher derrière elle.



