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Baisse du salaire des ministres : Sébastien Lecornu veut-il vraiment montrer l’exemple ?

Gabriel Attal et Aurore Bergé valident l’idée d’un effort partagé

Du côté de la majorité, personne ne semble vouloir s’opposer frontalement à la mesure. Invitée sur RMC Story, Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a affiché une position claire : « Si un arbitrage est pris, on s’y conformera évidemment toutes et tous. »

Elle a surtout insisté sur la logique d’ensemble : « Des efforts devront être faits et partagés et le premier des efforts sera fait par l’État sur la question des économies budgétaires. » Une manière de dire que le gouvernement ne peut pas exiger des Français ce qu’il refuse de s’appliquer à lui-même.

Gabriel Attal, de son côté, a confirmé sur franceinfo que la rémunération d’un ministre ou d’un secrétaire d’État pouvait évoluer. Il a toutefois reconnu une évidence : cette baisse ne réglera ni la dette ni le déficit. « Il y a toujours des symboles et des messages que l’on peut envoyer », a-t-il ajouté. Traduction : l’essentiel n’est pas là, mais l’essentiel se joue aussi ailleurs.

Un précédent vieux de plus de dix ans

Pour mesurer la portée d’une telle décision, il faut se souvenir de la dernière fois qu’un gouvernement s’est attaqué à ses propres émoluments. C’était en 2012. François Hollande, fraîchement élu, avait réduit de 30 % le salaire du président de la République et celui du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Un geste fort, annoncé dès les premiers jours du quinquennat, qui avait marqué les esprits.

Depuis, plus rien. Les rémunérations ministérielles ont continué leur progression, indexées sur l’inflation et les grilles de la haute fonction publique. Une baisse de 10 % constituerait donc un signal inédit depuis plus d’une décennie, même si elle reste loin des 30 % consentis à l’époque.

Sébastien Lecornu a d’ailleurs déjà montré qu’il n’hésitait pas à s’attaquer aux privilèges symboliques. Depuis le 1er janvier 2026, certains avantages accordés à vie aux anciens Premiers ministres ont été supprimés, notamment la voiture avec chauffeur. Une décision qui avait fait grincer quelques dents dans les rangs des anciens locataires de Matignon, mais qui s’inscrit dans la même logique : montrer que l’État sait se réformer lui-même avant de réformer les autres.


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