Astrid de Norvège, sœur du roi Harald V, est morte à 94 ans deux jours après les funérailles de son frère

Une vie au service de la couronne dès l’âge de 22 ans
Pour comprendre la portée de ce décès, il faut revenir sur le destin singulier d’Astrid de Norvège. Née en 1932, elle était la deuxième fille du roi Olav V et de la princesse héritière Märtha. Très tôt, la vie lui impose un rôle qu’elle n’avait pas choisi. À seulement 22 ans, après la disparition de sa mère, elle assume la fonction de Première dame aux côtés de son père. Une responsabilité écrasante pour une jeune femme de son âge, qu’elle endossera pourtant avec une dignité remarquable.
Ce rôle de soutien, elle ne l’abandonnera jamais. Lorsque son frère Harald accède au trône en 1991, Astrid reste à ses côtés, devenant une conseillère précieuse et une représentante infatigable de la monarchie norvégienne. Pendant plus de trois décennies, elle a participé à d’innombrables cérémonies officielles, voyages à l’étranger et engagements caritatifs. Une constance qui lui a valu l’affection sincère des Norvégiens, bien au-delà des cercles monarchistes.
Un engagement remarquable auprès des plus vulnérables
Si Astrid de Norvège était discrète sur la scène médiatique, son action sociale était, elle, bien visible. La princesse a consacré une grande partie de sa vie à des causes souvent négligées par les institutions : l’inclusion des personnes handicapées, le soutien aux enfants défavorisés, l’aide aux personnes âgées isolées. Des combats qu’elle a portés avec une humilité rare chez les membres des familles royales.
Son neveu, le roi Haakon VIII, l’a rappelé avec justesse : Astrid s’est « toujours particulièrement souciée de l’aide et de l’inclusion des plus vulnérables de la société ». Cette phrase résume à elle seule l’héritage qu’elle laisse derrière elle. Loin des fastes des palais, la princesse a préféré le terrain, les visites dans les hôpitaux, les rencontres avec les associations. Une approche qui contraste avec l’image parfois distante de certaines monarchies européennes.
Pour les observateurs de la vie royale scandinave, Astrid représentait une génération révolue, celle d’une royauté plus proche du peuple, moins protocolaire, plus humaine. Son décès marque symboliquement la fin d’une époque.



