Affaire Nahel : le parquet de Nanterre requiert un procès pour meurtre contre le policier Florian M.

Affaire Nahel : le parquet de Nanterre requiert un procès pour meurtre contre le policier Florian M.
Près de deux ans après la mort de Nahel Merzouk, tué à 17 ans lors d’un contrôle routier à Nanterre, l’affaire connaît un tournant judiciaire majeur. Le mardi 4 mars 2025, le parquet de Nanterre a requis un procès pour meurtre à l’encontre du policier auteur du tir, Florian M. Une décision qui bouleverse une nouvelle fois les parties civiles et relance un dossier devenu emblématique des débats sur les violences policières en France.
Ce réquisitoire définitif ne constitue pas encore une mise en accusation formelle : ce sont désormais les juges d’instruction qui devront trancher. Mais le signal envoyé est fort. Le ministère public considère que les éléments du dossier ne permettent pas de retenir la légitime défense invoquée par le fonctionnaire, et que la qualification la plus lourde — le meurtre — doit être examinée par une cour d’assises. Pour la famille de la victime, comme pour l’ensemble des observateurs, cette annonce marque une étape décisive dans un parcours judiciaire long et éprouvant.
Retour sur les faits du 27 juin 2023 à Nanterre
Pour bien comprendre la portée de ce rebondissement, il faut revenir au point de départ. Le 27 juin 2023, Nahel Merzouk, 17 ans, est au volant d’une voiture de location dans les rues de Nanterre. Il est repéré par des motards de la police. S’ensuit une course-poursuite qui se termine à l’arrêt, le véhicule coincé dans le flot de la circulation.
Des passants filment la scène. Sur les images, devenues virales en quelques heures, on voit un policier pointer son arme à travers la vitre latérale, puis tirer à bout portant. Le jeune homme s’effondre. Il décédera peu après. Ce sont ces images, largement diffusées, qui ont mis le feu aux poudres et provoqué plusieurs nuits d’émeutes dans de nombreuses villes françaises.
Le policier, Florian M., est rapidement mis en examen pour homicide volontaire et placé en détention provisoire. Il sera remis en liberté quelques mois plus tard, sous contrôle judiciaire. Depuis, il maintient une ligne de défense constante : il affirme avoir tiré pour se protéger, persuadé que Nahel allait redémarrer et le percuter. Une version que contestent formellement les deux passagers présents dans le véhicule.



