Affaire Lyhanna : les signaux avant-coureurs décryptés par un psychologue expert

Le rôle clé de la psychologie judiciaire dans l’analyse des profils
Dans des affaires comme celle de Lyhanna, les experts en psychologie judiciaire jouent un rôle d’éclairage essentiel. Leur travail ne consiste pas à se substituer à l’enquête, mais à apporter une grille de lecture comportementale. Ils examinent plusieurs dimensions du parcours du mis en cause :
- Les antécédents personnels : ruptures familiales, traumatismes, échecs répétés.
- Les réactions émotionnelles : impulsivité, absence d’empathie, froideur affective.
- Les comportements répétitifs : tendance à la manipulation, aux menaces, ou à la violence verbale.
- Les ruptures dans le parcours de vie : perte d’emploi, séparation, isolement social brutal.
Lionel Bauchot explique que dans le cas de l’affaire Lyhanna, plusieurs de ces éléments étaient présents. Mais il précise aussi une nuance capitale : la lecture rétrospective des faits. Après un événement grave, il est tentant de voir des signes partout. Pourtant, sur le moment, ces mêmes indices peuvent passer totalement inaperçus. C’est ce que les psychologues appellent le “biais de rétrospection”.
Pourquoi les proches ne voient-ils pas ces signaux ?
Une question revient souvent dans les débats : pourquoi l’entourage n’a-t-il pas réagi plus tôt ? La réponse est complexe. D’abord, parce que les proches sont émotionnellement impliqués. Ils ont tendance à minimiser les comportements déviants par amour, loyauté ou espoir que la situation s’améliore.
Ensuite, il y a un problème de formation et de sensibilisation. Le grand public n’est pas formé à repérer les signaux faibles de la dangerosité. Contrairement aux professionnels de la santé mentale ou aux enquêteurs, une personne lambda ne dispose pas des outils pour analyser objectivement un comportement.
Enfin, la peur de se tromper ou de “faire un drame pour rien” freine souvent les réactions. Personne ne veut accuser à tort. Ce dilemme humain est au cœur de nombreux drames : agir trop tard par peur de mal faire.



