INSOLITE

Affaire Lyhanna : le principal suspect sous le coup d’une plainte pour viol jamais instruite

Une plainte classée sans suite

En août 2025, soit neuf mois avant la disparition de Lyhanna, une plainte avait été déposée contre Jérôme B. pour viols sur mineure. La victime présumée, une fillette prénommée Rosa, était une amie proche des filles du suspect. Elle fréquentait régulièrement leur domicile, notamment dans le cadre d’activités sportives communes. Les faits qu’elle rapportait étaient graves, précis, et corroborés par des témoignages. Pourtant, cette plainte n’a jamais conduit à une audition de Jérôme B. Elle est restée en suspens, comme une épée de Damoclès que personne n’a osé saisir.

Comment expliquer un tel vide ? Manque de moyens ? Négligence ? Ou simple lenteur administrative ? Les avocats de la famille de Rosa crient au scandale, estimant que si la procédure avait été suivie, Lyhanna serait peut-être encore vivante. Une question déchirante, mais essentielle.

Les zones d’ombre du système judiciaire

Cette affaire met en lumière une réalité troublante : en France, des milliers de plaintes pour violences sexuelles sur mineurs restent en attente chaque année. Selon des chiffres récents, près de 30 % des plaintes pour viol sur mineur ne donnent lieu à aucune poursuite, faute d’éléments suffisants ou de moyens d’enquête. Mais ici, le cas est différent. La plainte de Rosa semblait solide. Alors, pourquoi ce silence ?

Les experts pointent du doigt plusieurs facteurs :

  • La surcharge des tribunaux : Les juridictions françaises croulent sous les dossiers. Les affaires de violences sexuelles, bien que prioritaires, passent parfois après des crimes plus flagrants.
  • Le manque de formation : Certains enquêteurs ne sont pas suffisamment formés à la prise en charge des victimes mineures, ce qui peut freiner l’instruction.
  • La peur de l’erreur : Dans un contexte où les accusations doivent être prouvées avec une rigueur absolue, les magistrats hésitent parfois à agir sans preuves irréfutables.

Mais dans le cas de Jérôme B., ces explications sonnent comme des excuses. Car une plainte pour viol sur mineure, surtout quand elle est déposée contre un homme qui côtoie des enfants, devrait déclencher une procédure d’urgence. Cela n’a pas été le cas.


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