Affaire Émile : un ancien voisin raconte son prélèvement ADN, “ils sont restés cinq minutes”
Trois ans. Trois longues années que la France attend des réponses. Trois ans que la disparition du petit Émile Soleil, deux ans et demi, hante les mémoires et nourrit toutes les hypothèses.
Ce 8 juillet 2023, dans le hameau du Haut-Vernet, perché dans les Alpes-de-Haute-Provence, le temps s’est arrêté. Émile jouait près de la maison de ses grands-parents maternels. Quelques minutes plus tard, il s’était volatilisé. Sans laisser de traces. Sans un bruit. Sans explication.
Depuis, l’enquête a connu des hauts et des bas. Des espoirs déçus. De fausses pistes. Et puis, en 2024, la découverte d’ossements appartenant à l’enfant a confirmé le pire : Émile est mort. Les expertises médico-légales ont ensuite ajouté une pièce au puzzle : l’intervention probable d’une tierce personne.
Aujourd’hui, les juges d’instruction tentent un nouveau pari : une vaste campagne de prélèvements d’ADN dans le hameau et auprès de toutes les personnes présentes au moment des faits. L’objectif ? Comparer ces profils génétiques aux traces collectées durant l’enquête.
Parmi les personnes contactées, un ancien voisin des grands-parents d’Émile a accepté de témoigner auprès de BFMTV. Robert (le prénom a été modifié) raconte la visite des gendarmes, le prélèvement rapide et ses impressions sur cette enquête qui n’en finit pas.
Le hameau du Haut-Vernet, théâtre du drame
Un lieu isolé, une communauté soudée
Le Haut-Vernet est un minuscule hameau perché dans les Alpes-de-Haute-Provence. Quelques maisons de pierre, une poignée d’habitants, des résidences secondaires. Un lieu paisible, loin de l’agitation du monde. C’est là que la famille d’Émile venait passer ses vacances.
Le 8 juillet 2023, le calme du hameau a été brisé à jamais. Émile jouait près de la maison de ses grands-parents. En un instant, il a disparu. Sans bruit. Sans témoin. Sans explication.
Des recherches massives, puis le silence
Dans les heures qui ont suivi, les gendarmes ont organisé des recherches d’une ampleur exceptionnelle. Hélicoptères, chiens, drones, battues citoyennes… Tout a été mis en œuvre pour retrouver l’enfant. En vain.
Les jours ont passé, puis les semaines, puis les mois. L’affaire est devenue l’une des plus médiatisées de ces dernières années, entretenant un mystère douloureux pour la famille et tout un pays.
2024 : la découverte des ossements
Le pire confirmé
En 2024, des ossements appartenant à Émile ont été découverts. La nouvelle a glacé la France. L’espoir d’un retour vivant s’est évanoui. Restait la quête de vérité : que s’est-il passé ? Qui est responsable ?
Une tierce personne impliquée
Les expertises médico-légales ont apporté une information cruciale : l’intervention probable d’une tierce personne dans le décours de la mort de l’enfant. Autrement dit, Émile n’est probablement pas mort accidentellement. Quelqu’un était là. Quelqu’un a agi.
Cette conclusion a relancé l’enquête avec une nouvelle vigueur. Les juges d’instruction ont repris le dossier à zéro, explorant toutes les pistes et interrogeant toutes les personnes susceptibles d’avoir un lien avec l’affaire.
2025 : la garde à vue des grands-parents
Un tournant judiciaire
En mars 2025, un événement majeur a secoué l’affaire : les grands-parents d’Émile ont été placés en garde à vue. Les chefs d’accusation étaient lourds : homicide volontaire et recel de cadavre.
Pendant de longues heures, ils ont été interrogés par les enquêteurs. La presse s’est enflammée. Les hypothèses les plus folles ont circulé.
Une mise en liberté sans poursuite
Finalement, les grands-parents ont été relâchés sans poursuite. Les charges n’étaient pas suffisantes pour les maintenir en détention ou les renvoyer devant un tribunal. Mais l’onde de choc est restée.
Depuis, l’enquête se poursuit, les juges cherchant toujours à comprendre ce qui s’est réellement passé.
2026 : la campagne ADN
L’objectif des prélèvements
Aujourd’hui, les magistrats ont lancé une vaste campagne de prélèvements d’ADN. Le principe est simple : recueillir les profils génétiques de toutes les personnes présentes dans le hameau au moment de la disparition d’Émile, puis comparer ces profils aux traces collectées durant l’enquête.
Les personnes concernées sont :
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Les habitants actuels du Haut-Vernet
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Les anciens résidents
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Les vacanciers présents à l’époque
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Toute personne ayant pu se trouver dans le secteur
Un travail de fourmi
Depuis plusieurs semaines, les gendarmes multiplient les visites. Ils se rendent au domicile des personnes ciblées, effectuent les prélèvements sur place et repartent. Un travail de fourmi, minutieux, qui pourrait durer encore de longs mois.



