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Affaire Conclue : Un retraité refuse une offre 3 fois supérieure à l’estimation

L’expertise en question : entre rigueur et subjectivité

Le métier d’expert dans Affaire Conclue est un exercice d’équilibriste. D’un côté, il faut donner une estimation réaliste pour guider le vendeur. De l’autre, il faut parfois ménager la susceptibilité des participants, surtout quand ils sont très attachés à leur objet. Patricia Casini Vitalis, qui a officié pendant sept ans dans l’émission, a récemment dénoncé des pratiques qu’elle juge trompeuses. Selon elle, « on entretient le suspense, on fait grimper les enchères même si l’objet ne le justifie pas ». Un bronze de Villanis, par exemple, se vendrait plusieurs milliers d’euros dans l’émission, alors qu’il en vaudrait 700 à 1 000 euros dans la réalité.

Dans le cas de Marcel, l’expert a pourtant fait preuve de prudence. L’absence de signature et le style néo-classique, certes élégant, ne garantissent pas une valeur élevée. Le marché de l’art est impitoyable : sans nom d’artiste reconnu, une belle toile reste souvent une toile anonyme. L’expert a donc estimé l’œuvre à 500 euros, un prix honnête pour un tableau décoratif de qualité. Mais Marcel voyait les choses différemment.

Des enchères qui grimpent… jusqu’à l’impasse

Le moment clé de l’émission arrive lorsque les acheteurs entrent en scène. Caroline Margeridon et ses collègues, toujours à l’affût des bonnes affaires, repèrent le potentiel de la toile. Peut-être y voient-ils un style qui pourrait séduire une clientèle particulière, ou simplement un coup de cœur. Toujours est-il qu’ils commencent à enchérir. Très vite, les offres dépassent l’estimation : 800 euros, 1 000 euros, 1 200 euros…

À 1 500 euros, Marcel reste de marbre. Les acheteurs poussent jusqu’à 1 700 euros. C’est un bond de 240 % par rapport aux 500 euros de départ. Dans la plupart des cas, un vendeur aurait sauté sur l’occasion. Mais pas Marcel. Lui réclame au moins 1 000 euros de plus, soit un total de 2 700 euros. Les acheteurs, bien que séduits, ne peuvent pas suivre. Ils ont déjà fait un effort considérable. L’enchère maximale est atteinte. Marcel repart bredouille, son tableau sous le bras.

Ce refus est rarissime dans l’émission. D’ordinaire, les candidats cèdent face à la pression des enchères et à l’envie de repartir avec un chèque. Mais Marcel a tenu bon. Pour lui, l’argent n’était pas le seul moteur. Il cherchait une reconnaissance de la valeur artistique de son bien, une forme de consécration que 1 700 euros ne pouvaient pas lui offrir.


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