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Accusations contre Patrick Bruel : Karine Viseur, plaignante belge, témoigne au 20h de TF1

Ce mercredi 15 avril, une nouvelle étape a été franchie dans l’affaire visant Patrick Bruel. Pour la première fois, Karine Viseur, attachée de presse belge ayant déposé plainte contre l’artiste à la fin du mois de mars, a pris la parole à la télévision française. Invitée au journal de 20 heures de Gilles Bouleau sur TF1, elle a livré un témoignage détaillé sur les faits qu’elle dénonce, remontant à plusieurs années.

Une prise de parole rare, à la télévision nationale, en prime time. Karine Viseur, le visage fermé mais la voix déterminée, a accepté de raconter son calvaire. Pourquoi maintenant ? « Parce que je ne veux plus me taire. Parce que d’autres femmes ont parlé. Parce que c’est le moment de dire la vérité. »

Les faits : une agression présumée en 2010

Karine Viseur évoque une agression présumée survenue en 2010, alors qu’elle accompagnait Patrick Bruel lors de la promotion du film « Les cinq doigts de la main ». À l’âge de 39 ans, elle avait d’abord porté plainte avant de se rétracter, une décision qu’elle explique aujourd’hui par le choc et les difficultés à faire face à une telle situation.

Face aux caméras de TF1, elle est revenue en détail sur le déroulement des faits qu’elle a décrits. Elle raconte une scène brutale et soudaine : en quelques instants, elle affirme avoir été saisie, entraînée de force dans des toilettes et confrontée à des gestes qu’elle dit avoir clairement refusés. Malgré ses protestations répétées, elle explique avoir dû lutter pour se dégager et réussir à fuir.

« Il m’a attrapée par le bras, il m’a entraînée. Je lui ai dit non, plusieurs fois. Il ne m’a pas écoutée. J’ai dû me débattre. J’ai réussi à m’enfuir. » Son témoignage est glaçant. Elle emploie des mots forts pour décrire ce qu’elle considère comme un comportement prédateur, estimant que d’autres femmes auraient pu être confrontées à des situations similaires.

« L’équipe du film voyait des choses »

Elle affirme également que certains membres de l’équipe du film auraient été témoins de comportements jugés inappropriés, allant jusqu’à intervenir pour demander à l’artiste de se calmer. Si ces éléments restent à vérifier dans le cadre de l’enquête, ils contribuent à alimenter un climat de suspicion autour de l’affaire.

« Les gens voyaient. Ils savaient. Personne n’a rien dit. On m’a dit : “C’est Patrick Bruel, tais-toi.” » Un système de silence qu’elle dénonce avec amertume.

« Je me sens soulagée que la Belgique enquête »

Karine Viseur dit aujourd’hui ressentir un certain soulagement depuis l’ouverture de l’enquête en Belgique. Selon ses propres mots, cette décision judiciaire marque un tournant important : elle évoque le sentiment d’être enfin écoutée et prise au sérieux, après des années de silence. Pour elle, cette reconnaissance constitue une étape essentielle, tant sur le plan personnel que judiciaire.

« En 2010, j’avais porté plainte. Je m’étais rétractée. Je n’avais pas la force. Aujourd’hui, je l’ai. » Un courage qu’elle dit puiser dans les témoignages d’autres femmes, et dans le mouvement #MeToo.

Trois enquêtes ouvertes contre Patrick Bruel

Au total, Patrick Bruel fait désormais l’objet de trois enquêtes distinctes.

  • Paris : enquête ouverte à la suite de la plainte de Daniela Elstner, qui accuse Paris de l’agression sexuelle et de la tentative de viol en 1997, lors du festival du film français d’Acapulco, au Mexique.

  • Saint-Malo : enquête lancée après la plainte d’une femme anonyme, dénonçant un viol présumé survenu en 2012.

  • Bruxelles : enquête ouverte après la plainte de Karine Viseur pour des faits remontant à 2010.

Soit trois juridictions, trois plaignantes, des dizaines de témoignages indirects. Un faisceau de présomptions qui alourdit le contexte, mais ne préjuge pas de la culpabilité.

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