Accord avec le Mexique : les démocrates étrillent la méthode Trump et dénoncent une “confrontation permanente”

La polémique sur le fond : l’accord est-il vraiment nouveau ?
Les révélations du New York Times
Dimanche, le New York Times a ajouté de l’huile sur le feu. Selon le quotidien, qui cite des responsables des deux pays, les mesures promises par le Mexique ne sont pas nouvelles.
Le déploiement de la Garde nationale à la frontière sud ? Promis dès mars, affirme le journal. L’extension du programme “Remain in Mexico” ? Un accord de décembre dernier prévoyait déjà ce mécanisme.
Bref, Trump n’aurait rien obtenu de substantiel, si ce n’est une réaffirmation d’engagements déjà pris.
La réponse de Trump sur Twitter
Comme à son habitude, Donald Trump a réagi sur Twitter, en un mot : “Faux”. Il assure que seules ses menaces ont permis de concrétiser les engagements mexicains.
Il ajoute que des mesures supplémentaires ont été convenues, mais qu’elles ne seront annoncées que “le moment venu”. Une façon de garder la main et de maintenir la pression.
Le New York Times maintient ses informations
Le quotidien new-yorkais, souvent pris pour cible par Trump, a publié un communiqué pour répondre au démenti présidentiel :
“Nous maintenons nos informations et, comme à de nombreuses autres occasions, nos articles résistent au temps, contrairement aux démentis que le président leur oppose.”
La méthode Trump : une guerre commerciale permanente
Des droits de douane comme arme politique
Depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump a fait des droits de douane son arme favorite. Il les a utilisés contre la Chine, dans une guerre commerciale qui n’en finit pas. Contre l’Union européenne, menaçant les constructeurs automobiles allemands. Contre le Canada, dans une dispute concernant le bois d’œuvre ou les produits laitiers.
Cette stratégie a un nom : la confrontation permanente. L’idée est de maintenir une pression constante sur les partenaires commerciaux pour leur arracher des concessions.
Un succès pour ses partisans
Pour ses partisans, cette méthode a fait ses preuves. La Chine a fini par négocier. Le Mexique a cédé. Le Canada a accepté de renégocier l’ALENA, devenue ACEUM. Chaque fois, Trump a pu présenter un accord comme une victoire.
Une déstabilisation pour ses détracteurs
Pour ses détracteurs, cette méthode est contre-productive à plusieurs titres :
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Elle déstabilise les relations avec des alliés historiques , comme le Canada, le Mexique ou les pays européens
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Elle crée de l’incertitude pour les entreprises , qui ne savent jamais à quel régime douanier elles seront soumises
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Elle affaiblit la position américaine en donnant l’impression que les États-Unis ne sont pas un partenaire fiable
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Elle n’apporte rien de vraiment nouveau , les accords obtenus étant souvent des réaffirmations d’engagements antérieurs
Ce qu’il faut retenir
Les points clés
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Trump a menacé le Mexique de droits de douane s’il ne renforçait pas sa politique migratoire
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Un accord a été trouvé in extremis vendredi soir
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Le Mexique s’engage à déployer sa garde nationale et à renforcer les contrôles
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Les démocrates dénoncent une méthode basée sur la menace et la confrontation permanente
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Bernie Sanders : “Le monde n’en peut plus”
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Beto O’Rourke : “Le président n’a rien obtenu”
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Nancy Pelosi : “Les menaces ne sont pas une politique étrangère”
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Le New York Times affirme que les engagements mexicains ne sont pas nouveaux
Les enjeux
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Six millions d’emplois américains dépendent du commerce avec le Mexique
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Les agriculteurs sont déjà fragilisés par la guerre commerciale avec la Chine
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La relation avec un allié est mise à mal par cette méthode
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La crédibilité des États-Unis comme partenaire commercial est en jeu
Conclusion : une victoire à la Pyrrhus ?
Donald Trump peut crier victoire. Il a obtenu un accord, évité l’application des droits de douane, et peut se présenter comme le protecteur de la frontière américaine.
Mais cette victoire a un goût amer pour ses détracteurs. D’abord parce que l’accord serait vide, selon le New York Times. Ensuite, parce que la méthode utilisée (menaces, ultimatums, confrontations) déstabilise les relations avec un allié crucial.
Le Mexique est le premier partenaire commercial des États-Unis. Des millions d’emplois américains dépendent des échanges transfrontaliers. Les traiter comme des adversaires, c’est prendre le risque de les pousser dans les bras d’autres partenaires (la Chine, l’Europe).
Alors, victoire tactique ? Peut-être. Mais stratégique ? Rien n’est moins sûr.
Ce qui est certain, c’est que cette méthode est devenue la marque de fabrique de Trump. Guerre commerciale avec la Chine, menaces contre l’Europe, ultimatums au Mexique, pression sur le Canada… La confrontation est érigée en système.
Reste à savoir si ce système produira des résultats durables ou s’il finira par isoler les États-Unis sur la scène internationale.



