Bernard Verley, l’acteur de Grâce à Dieu et Dix pour cent, est mort à 86 ans

Bernard Verley, l’acteur de Grâce à Dieu et Dix pour cent, est mort à 86 ans
Le cinéma français a perdu l’une de ses figures les plus discrètes et les plus respectées. Bernard Verley s’est éteint dimanche 27 septembre 2026 à Tréguier, dans les Côtes-d’Armor, à l’âge de 86 ans, quelques jours à peine avant son 87e anniversaire. Sa famille a confirmé la nouvelle à l’AFP le lendemain, plongeant le milieu du spectacle dans une tristesse profonde. Comédien de théâtre, de cinéma et de télévision, il laisse derrière lui une filmographie d’une richesse rare, traversant plus de six décennies et plusieurs générations de spectateurs.
Né en 1939, Bernard Verley avait débuté sa carrière à l’écran dans les années 1960. Très vite, il s’était retrouvé devant les caméras de réalisateurs prestigieux, ce qui témoigne d’un talent remarqué dès ses premiers pas. Sa filmographie impressionnante l’a mené des plateaux de cinéma aux scènes de théâtre, avant qu’il ne s’éloigne temporairement du métier dans les années 1980 pour se consacrer à la production. Ce parcours atypique, fait de hauts et de retours, raconte l’histoire d’un artiste curieux, jamais enfermé dans un seul registre.
Un acteur de cinéma d’auteur révélé par Eric Rohmer
Si Bernard Verley a marqué les esprits, c’est d’abord grâce à sa collaboration avec Eric Rohmer. En 1972, il incarne le personnage principal de L’Amour l’après-midi, dernier volet des Contes moraux du cinéaste. Ce rôle lui offre une visibilité nouvelle et installe sa réputation d’acteur capable de porter un film sur ses épaules, avec une intensité toute en retenue.
Cette reconnaissance lui ouvre ensuite les portes de collaborations prestigieuses. Il tourne sous la direction de Luis Buñuel, de Claude Miller, de Jean-Luc Godard, de Patrice Chéreau, de Claude Chabrol ou encore de Pascal Thomas. Autant de noms qui disent l’estime dans laquelle le milieu tenait ce comédien exigeant, loin des projecteurs tapageurs mais toujours présent là où le cinéma d’auteur s’écrivait.
Plus récemment, le grand public avait pu le retrouver dans des œuvres aussi variées que La Dilettante, Lady Chatterley ou Rodin. À la télévision, il apparaissait dans Malone, Dix pour cent, Diane de Poitiers et Capitaine Marleau. Cette capacité à passer du cinéma d’auteur aux séries grand public résume bien son parcours : un acteur qui ne se refusait à aucun terrain, pourvu que le rôle ait du sens.



