Jonathann Daval en prison : travail, métamorphose physique et rumeurs démenties à Ensisheim

Jonathann Daval en prison : travail, métamorphose physique et rumeurs démenties à Ensisheim
Il reste l’un des détenus les plus scrutés de France. Condamné le 21 novembre 2020 à 25 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son épouse Alexia, Jonathann Daval purge aujourd’hui sa peine à la maison centrale d’Ensisheim, en Alsace. Loin des caméras et des salles d’audience, l’ancien informaticien de Gray-la-Ville, en Haute-Saône, s’est construit un quotidien carcéral bien réglé, entre travail rémunéré, sport intensif et silence sur les rumeurs qui l’entourent.
Mais l’affaire Daval n’a jamais vraiment quitté les prétoires. Entre la métamorphose physique du condamné, les révélations de sa mère et le feuilleton judiciaire qui l’oppose encore à sa belle-famille, chaque rebondissement relance l’intérêt du public. Que sait-on réellement de sa vie derrière les barreaux aujourd’hui ? Voici ce que révèlent les informations disponibles, entre faits établis et zones d’ombre.
De l’isolement à l’intégration : le parcours carcéral de Jonathann Daval
Pour comprendre où en est Jonathann Daval, il faut revenir sur son parcours pénitentiaire. Placé en détention provisoire dès janvier 2018 après ses aveux, il est d’abord incarcéré à la maison d’arrêt de Dijon. Comme souvent dans les affaires très médiatisées, il est placé à l’isolement, une mesure de protection qui le coupe du reste de la population carcérale.
Ce n’est qu’en mai 2021, plusieurs mois après sa condamnation, qu’il quitte le quartier d’isolement. Il rejoint alors la maison centrale d’Ensisheim, un établissement alsacien réservé aux longues peines. Ce changement marque une étape importante : il passe d’un régime de quasi-solitude à une vie en détention ordinaire, avec ses règles, ses contraintes et ses interactions sociales.
Sa condamnation s’accompagne d’une période de sûreté fixée à la moitié de sa peine, soit douze ans et demi. Concrètement, aucun aménagement de peine n’est envisageable avant ce terme. En tenant compte de sa détention provisoire, une libération conditionnelle ne pourrait donc être examinée qu’au début des années 2030, et l’horizon 2035 marque la fin de la période incompressible. Encore faudrait-il que les critères stricts soient remplis : réinsertion active, suivi médical, évaluation de sa dangerosité par le juge d’application des peines.
Un détenu modèle qui travaille et fait du sport
Contrairement à l’image d’un homme brisé renvoyée par son procès, Jonathann Daval semble s’être adapté à la vie carcérale. Sa mère, Martine Henry, a livré de précieux détails dans son ouvrage Moi, maman de Jonathann, paru en novembre 2022 aux éditions Michalon.
Selon elle, son fils travaille en détention. Il fabrique des bobines de rouleau électrique et des rallonges, avec des horaires précis : de 7h à 11h30 puis de 13h30 à 16h30. Ce labeur lui rapporte environ 600 euros par mois. Une somme modeste, dont une partie est obligatoirement prélevée pour indemniser les parties civiles et préparer sa sortie.
Le sport occupe également une place centrale dans son quotidien. C’est d’ailleurs l’une des explications avancées pour justifier sa transformation physique spectaculaire. Mais ce qui frappe le plus, c’est son intégration au sein de la détention. Selon sa mère, il côtoie d’autres détenus tristement célèbres, notamment Guy Georges, qui l’aurait pris « sous son aile » à son arrivée pour le protéger et l’aider à s’adapter.
Les surveillants pénitentiaires et son avocat, Me Randall Schwerdorffer, le décrivent comme un détenu modèle. Un qualificatif qui tranche avec la gravité des faits qui l’ont conduit derrière les barreaux.
Les rumeurs de relation amoureuse en détention
En septembre 2022, une rumeur a secoué les médias. Dominique Rizet, consultant police-justice pour BFMTV, affirmait que Jonathann Daval vivait une histoire avec un autre détenu, un homme un peu plus âgé que lui. Une information reprise par le magazine Télé Star qui a immédiatement enflammé les réseaux sociaux.
Face à ces allégations, ses proches ont réagi fermement. Son avocat a expliqué avoir mené « des investigations » sur la prétendue homosexualité de son client. Sa conclusion : Jonathann Daval était certes « très proche d’un détenu », mais aucune relation intime n’aurait été entamée. Sa mère, Martine Henry, a quant à elle qualifié ces propos de « racontars ». Interrogé en prison par sa mère, le condamné aurait affirmé ne pas être « comme ça ».
Ces démentis illustrent la difficulté pour l’entourage de gérer une médiatisation qui ne faiblit pas, même après plusieurs années. Chaque information, vraie ou fausse, trouve un écho considérable dans l’opinion publique.
Une transformation physique qui interpelle
L’une des évolutions les plus visibles concerne son apparence. Fini le profil bas, le regard fuyant et la silhouette recroquevillée du procès de Vesoul. Lors de ses rares apparitions publiques, notamment au tribunal correctionnel de Besançon en mai 2024, Jonathann Daval est apparu transformé et fortement musclé.
Son avocat a confirmé ce changement : « Physiquement, il s’est totalement transformé. Il s’est très bien exprimé », déclarait Me Schwerdorffer après l’audience. Selon lui, cette métamorphose résulte d’un « parcours exemplaire » de détenu qui a connu « de vraies remises en question ».
Au-delà du physique, c’est aussi l’attitude qui a évolué. L’homme qui comparaissait en 2024 semblait plus assuré, plus posé, loin de l’accusé effondré de 2020. Une transformation qui alimente les débats : s’agit-il d’une véritable remise en question ou d’une simple adaptation à l’environnement carcéral ?
Le feuilleton judiciaire avec la famille d’Alexia
L’affaire Daval ne se limite pas à la condamnation pour meurtre. Un volet collatéral a longtemps occupé les tribunaux : la « dénonciation calomnieuse ». Jonathann Daval avait accusé à tort son beau-frère, Grégory Gay, du meurtre d’Alexia, inventant un complot familial lors de l’instruction.
En avril 2024, le tribunal correctionnel de Besançon a prononcé sa relaxe. Les juges ont estimé que ses déclarations s’inscrivaient dans le cadre des droits de la défense et n’étaient pas des dénonciations « spontanées ». Ses anciens beaux-parents, qui réclamaient 60 000 euros de dommages et intérêts pour préjudice moral, ont fait appel.
Le 13 juin 2025, la cour d’appel de Besançon a confirmé intégralement la relaxe, refermant définitivement ce volet. Une décision qui renvoie Jonathann Daval à sa peine principale : 25 ans de réclusion criminelle. Pour la famille d’Alexia, qui se bat depuis des années pour que la vérité soit reconnue, ce dénouement judiciaire reste difficile à accepter.
Quel avenir pour Jonathann Daval ?
À l’horizon 2035, Jonathann Daval pourrait théoriquement prétendre à un premier aménagement de peine ou à une libération conditionnelle. Mais rien n’est acquis. La justice évaluera alors sa dangerosité, son parcours de réinsertion et son engagement dans une démarche de prise en charge.
En attendant, il poursuit sa détention à Ensisheim, loin des projecteurs. Un quotidien rythmé par le travail, le sport et les visites régulières de sa mère. L’homme qui a tué son épouse en 2017 reste, près de neuf ans après les faits, une énigme pour beaucoup. Ni le procès ni la prison n’ont permis de comprendre pleinement ce qui s’est joué ce jour d’octobre 2017.
Cette affaire rappelle à quel point les violences conjugales demeurent un fléau en France. Chaque année, plus de 100 femmes meurent sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint. Derrière le cas Daval, il y a des milliers de victimes anonymes, et une question qui reste entière : comment mieux protéger celles qui signalent des violences avant qu’il ne soit trop tard ?
Ce qu’il faut retenir
Jonathann Daval purge une peine de 25 ans à la maison centrale d’Ensisheim, avec une période de sûreté de douze ans et demi. Il travaille, fait du sport et est décrit comme un détenu modèle. Les rumeurs sur sa vie sentimentale en détention ont été démenties par ses proches. Sa transformation physique interpelle, tout comme son attitude plus assurée lors de ses dernières comparutions. Le volet de la dénonciation calomnieuse s’est refermé par une relaxe définitive en juin 2025.
Si vous ou l’un de vos proches êtes victime de violences conjugales, sachez que des ressources existent. Le 3919 est un numéro d’écoute gratuit et anonyme, accessible 24h/24 et 7j/7. N’attendez pas pour en parler : chaque signalement compte.



