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« Prenez un verre d’eau et calmez-vous » : Manon Aubry dénonce le sexisme de Julien Odoul et menace de quitter le plateau de BFMTV

« Prenez un verre d’eau et calmez-vous » : Manon Aubry dénonce le sexisme de Julien Odoul et menace de quitter le plateau de BFMTV

Le ton est rapidement monté sur le plateau de BFMTV ce mardi 17 décembre 2024. Alors que les invités de l’émission politique *L’Assemblée BFM* étaient réunis pour évoquer les délicates tractations autour de la formation du gouvernement de François Bayrou, un échange virulent a opposé l’eurodéputée insoumise Manon Aubry au député Rassemblement National de l’Yonne, Julien Odoul. La discussion, qui portait sur la politique migratoire, a dégénéré au point que la journaliste et les autres chroniqueurs ont dû s’interposer. Ce qui devait être un débat d’idées s’est transformé en une séquence politique tendue, marquée par des accusations de sexisme et un rappel à l’ordre ferme de l’animateur Benjamin Duhamel.

Au cœur de la polémique, une phrase précise de Julien Odoul adressée à Manon Aubry : « Détendez-vous madame Aubry, prenez un verre d’eau froide. » Une remarque que l’élue de La France Insoumise a immédiatement interprétée comme une manifestation de mépris sexiste, une façon de décrédibiliser sa prise de parole en la renvoyant à une supposée hystérie féminine. Retour sur une séquence qui a enflammé les réseaux sociaux et relancé le débat sur la place des femmes en politique.

## Un débat sous tension dès le départ

L’ambiance était électrique dès les premières minutes de l’émission. Réunis autour de la table, Manon Aubry, Julien Odoul, Sandrine Rousseau, Karim Bouamrane et Léon Deffontaines devaient croiser le fer sur l’actualité politique brûlante, notamment la nomination imminente du nouveau locataire de Matignon. Mais c’est le sujet de l’immigration qui a mis le feu aux poudres, un thème éminemment clivant qui oppose frontalement les différentes sensibilités représentées sur le plateau.

Alors que Manon Aubry développait son argumentaire, elle a tenu à dénoncer ce qu’elle considère comme une dangereuse instrumentalisation de l’extrême droite. Selon elle, le Rassemblement National entretient volontairement une confusion entre « immigration et insécurité » d’une part, et « immigration et violences sexuelles » d’autre part. Une analyse politique qu’elle jugeait essentielle de développer, mais qu’elle n’a pas pu mener à terme.

Julien Odoul, visiblement en désaccord avec cette position, a coupé la parole à l’eurodéputée pour affirmer qu’il existait, selon lui, « un lien sourcé et évident » entre ces phénomènes. Cette interruption a été la goutte de trop pour Manon Aubry, qui a immédiatement réagi avec fermeté. « Vous savez quoi, j’en ai marre maintenant que vous ne me laissiez pas finir mes phrases. Ça suffit ! » a-t-elle lancé, excédée par ce qu’elle perçoit comme une stratégie d’obstruction systématique de la part du député de l’Yonne.

## La phrase polémique qui a tout fait basculer

C’est à ce moment précis que la situation a pris une tournure inattendue. Au lieu de revenir sur le fond du débat, Julien Odoul a choisi de s’adresser à son interlocutrice sur un ton que beaucoup ont jugé condescendant. « Détendez-vous madame Aubry, prenez un verre d’eau froide », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Vous dites des énormités madame Aubry. Prenez un verre d’eau froide et calmez-vous. »

La réaction de Manon Aubry ne s’est pas fait attendre. Elle a immédiatement haussé le ton et s’est tournée vers le journaliste qui animait le débat pour exiger une intervention. « Alors là les remarques sexistes, monsieur Duhamel, je prends mon micro et je m’en vais », a-t-elle menacé, laissant planer le doute sur sa présence sur le plateau. La tension est devenue palpable, et les autres invités sont restés figés quelques secondes, conscients que la séquence pouvait basculer dans l’incident diplomatique ou, tout simplement, médiatique.

Sandrine Rousseau, elle-même habituée à ce type de remarques dans l’exercice de ses fonctions, a tenté de prendre la parole pour appuyer sa collègue. Mais c’est finalement Benjamin Duhamel qui a mis un terme à l’escalade en recadrant vertement le député d’extrême droite. « Stop, Julien Odoul. Là, on va mettre les choses extrêmement au clair. On ne parle pas comme ça à des débatteuses. Ce sont des choses qui sont inacceptables dans un débat », a-t-il asséné avec une fermeté inhabituelle à la télévision. Une prise de position claire de la part de l’animateur, qui a choisi de ne pas laisser passer cette remarque.

## Un déni et des précédents qui alourdissent le débat

Face à la polémique naissante, Julien Odoul a tenté de calmer le jeu en se défendant de toute intention sexiste. Il a souligné qu’il n’avait « pas insulté madame Aubry », tentant de minimiser la portée de ses propos. Pour lui, il s’agissait simplement d’une invitation à baisser d’un ton dans un débat politique musclé, et non d’une attaque personnelle visant à discréditer une femme en raison de son genre. Une défense qui n’a pas convaincu grand monde, tant la formulation employée est connotée.

Car cette séquence n’est malheureusement pas un cas isolé dans le paysage médiatique et politique français. Elle rappelle immédiatement un autre échange tendu qui avait fait grand bruit sur la même chaîne en 2022. À l’époque, c’est Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur, qui avait déclaré à la journaliste Apolline de Malherbe : « Calmez-vous, ça va bien se passer. » Une phrase qui avait été largement critiquée et jugée sexiste, car elle renvoyait la journaliste à une supposée émotivité excessive, une technique rhétorique bien connue pour délégitimer une interlocutrice.

Cette récurrence est révélatrice d’un malaise plus profond. Dans un monde politique encore largement dominé par les hommes, les femmes qui osent hausser le ton, défendre leurs idées avec vigueur ou interrompre un contradicteur sont souvent étiquetées comme « agressives », « hystériques » ou « émotionnelles ». L’injonction à « se calmer » ou à « boire un verre d’eau » est une manière insidieuse de leur rappeler qu’elles devraient adopter un comportement plus docile, plus conforme à ce que certains attendent d’elles.

## La classe politique et les réseaux sociaux réagissent

L’incident n’a pas tardé à faire le tour des réseaux sociaux. Manon Aubry elle-même a publié un extrait de la séquence sur son compte X (anciennement Twitter), accompagné d’un message choc. Elle y dénonce un « sexisme scandaleux » et estime que le député RN lui a « manqué de respect pendant tout le débat ». Elle conclut son message par une formule cinglante : « L’extrême droite c’est ça : le mépris des femmes et la haine du débat. » Une publication qui a été massivement partagée et commentée, divisant les internautes entre ceux qui soutiennent l’eurodéputée et ceux qui estiment qu’elle a surréagi à une simple boutade.

De nombreux responsables politiques, toutes tendances confondues, ont également réagi à cet échange. Certains ont apporté leur soutien à Manon Aubry, rappelant que ce type de micro-agressions sexistes était le quotidien de nombreuses femmes en politique. D’autres, plus mesurés, ont appelé à ne pas voir du sexisme partout et à considérer cette phrase comme une maladresse de langage dans le feu de l’action. Quoi qu’il en soit, cette séquence a eu le mérite de remettre sur le devant de la scène la question de la place des femmes dans les médias et dans les instances de pouvoir, un sujet qui reste malheureusement d’une brûlante actualité.

## Le sexisme en politique : un problème systémique

Au-delà de l’anecdote, cet incident met en lumière un problème bien plus vaste et structurel. Le sexisme en politique n’est pas un phénomène marginal ; il est profondément ancré dans les pratiques et les mentalités. Une étude récente du Haut Conseil à l’Égalité indiquait que près de 80% des femmes élues ou candidates déclaraient avoir déjà été victimes de sexisme ou de violences sexistes et sexuelles dans l’exercice de leur mandat. Ces chiffres sont alarmants et montrent que le chemin vers une véritable égalité est encore long.

Les femmes politiques sont souvent confrontées à un double standard. On leur reproche leur ambition, leur fermeté ou leur manque de souplesse, alors que ces mêmes qualités sont valorisées chez leurs homologues masculins. Elles sont également plus fréquemment sujettes à des commentaires sur leur apparence physique, leur tenue vestimentaire ou leur ton de voix. L’injonction à la douceur et à la modération, illustrée par la phrase de Julien Odoul, est une arme rhétorique de plus pour tenter de les faire taire.

## Conclusion : un débat nécessaire pour faire évoluer les mentalités

Cette séquence tendue sur BFMTV, bien que regrettable, aura au moins eu le mérite de relancer un dialogue essentiel sur les comportements acceptables dans le débat public. La fermeté de Benjamin Duhamel en tant que modérateur est un signal fort : il est désormais inacceptable, à l’écran, de s’adresser à une femme politique avec ce ton paternaliste et condescendant. L’ère de l’impunité médiatique pour ce genre de remarques semble, espérons-le, révolue.

Pour les citoyens et citoyennes, cet épisode est une invitation à la réflexion sur notre propre rapport au langage et aux stéréotypes de genre. Il est crucial de soutenir les femmes qui s’engagent en politique et de créer un environnement où elles peuvent s’exprimer librement, sans craindre d’être ridiculisées ou rabaissées. Le débat d’idées ne peut être constructif que s’il se déroule dans le respect mutuel, et ce respect ne doit pas dépendre du genre de la personne qui s’exprime. Et vous, que pensez-vous de cette séquence ? Pensez-vous que la réaction de Manon Aubry était proportionnée, ou estimez-vous que la remarque de Julien Odoul a été sortie de son contexte ? N’hésitez pas à partager votre avis dans les commentaires ci-dessous pour poursuivre la discussion.


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