Crash d’un Beechcraft King Air médical au Nouveau-Mexique : quand un exercice militaire de brouillage GPS vire au drame

Crash d’un Beechcraft King Air médical au Nouveau-Mexique : quand un exercice militaire de brouillage GPS vire au drame
Un silence radio soudain, une perte totale des repères satellitaires, puis l’impact contre une paroi rocheuse. Le 21 mai 2025, un avion sanitaire Beechcraft King Air s’est écrasé dans une zone rurale du Nouveau-Mexique, tuant les quatre personnes à bord. Ce qui aurait pu rester un tragique accident de plus dans l’aviation générale prend une tout autre ampleur depuis qu’une enquête du magazine Wired a révélé le rôle potentiel d’un exercice de guerre électronique mené par l’armée américaine près de la base de White Sands Missile Range. Ce brouillage GPS à large échelle, destiné à entraîner les troupes, semble avoir directement compromis la sécurité aérienne d’un vol médical de routine. Retour sur un drame qui ébranle la confiance dans la cohabitation entre aviation civile et technologies de guerre électronique.
Un vol médical sans histoire qui bascule dans le chaos
Ce soir-là, le Beechcraft King Air décolle de Roswell avec une mission claire : rejoindre Ruidoso pour y récupérer un patient nécessitant des soins urgents. Aux commandes, le commandant Keelan Clark, 30 ans, et le copilote Ali Kawsara, 23 ans, deux professionnels formés à ce type de navettes médicales. La durée théorique du trajet ne dépasse pas une trentaine de minutes. Tout paraît normal pendant les premières phases du vol.
Soudain, sans avertissement préalable, l’équipement de navigation GPS cesse de fonctionner. Les écrans qui affichent la position, l’altitude et l’itinéraire deviennent muets. Les signaux du système de positionnement par satellite sont brouillés, victimes d’un puissant brouillage électronique orchestré par un exercice militaire baptisé « Spoiler Alert », mené ce même jour depuis le polygone de tir de White Sands, à moins de 200 kilomètres de là.
Contraints de se fier à une approche visuelle de nuit, les deux aviateurs tentent de maintenir le cap au-dessus d’un paysage montagneux dépourvu de tout éclairage. La lune est absente, le relief accidenté et la visibilité quasi nulle. En l’absence de repères électroniques fiables, la charge de travail en cockpit atteint son paroxysme. Quelques instants plus tard, l’appareil heurte de plein fouet le flanc d’une montagne. Aucun survivant.



