Gironde : après les incendies, La Poste exige que ses salariés rattrapent les heures non travaillées, les syndicats montent au créneau

Gironde : après les incendies, La Poste exige que ses salariés rattrapent les heures non travaillées, les syndicats montent au créneau
Les incendies historiques qui ont frappé la Gironde à l’été 2026 ont laissé des traces profondes dans le quotidien des habitants. Au-delà des dégâts matériels et des évacuations massives, une polémique inattendue secoue aujourd’hui les rangs des facteurs et guichetiers. Alors que les flammes contraignaient des centaines d’agents à rester chez eux, la direction de La Poste a décidé que les heures perdues seraient à rattraper. Une annonce vécue comme une véritable bombe sociale par les salariés concernés. Entre bureaux fermés, zones interdites d’accès et intervention des pompiers, ces absences étaient pourtant tout sauf volontaires. Mais pour l’entreprise publique, le principe est simple : chaque heure non effectuée devra être compensée ultérieurement, parfois en rognant sur les jours de repos ou en allongeant les tournées. Une position qui interroge le droit du travail, la protection des salariés et les mécanismes d’indemnisation en cas de catastrophe naturelle.
Des journées de travail perdues malgré des agents prêts à reprendre
Dès les premières fumées, plusieurs bureaux de poste situés dans le sud du département ont été fermés sur ordre des autorités. Les agents, eux, n’ont pas pu rejoindre leur lieu de travail, parfois parce que leur propre domicile était menacé, parfois parce que les axes routiers étaient coupés. Les témoignages recueillis sur place évoquent des salariés qui ont tenté de se présenter à leur centre de distribution mais qui ont été refoulés par les forces de l’ordre. Les plannings ont volé en éclats, et pendant plusieurs jours, le courrier n’a pas été distribué dans de nombreuses communes.
Ce que vivent ces postiers rappelle un scénario déjà observé lors des grandes inondations de l’Aude en 2018 ou des feux de forêt du Var en 2021. À chaque fois, les employeurs, publics comme privés, se retrouvent face à un casse-tête administratif : comment traiter ces absences imprévisibles ? Pour La Poste, la réponse est venue d’une note interne diffusée mi-juillet, demandant aux managers d’organiser le « rattrapage des heures non travaillées » sur les semaines suivantes. Une formulation qui n’a rien d’anodin et qui suscite la colère des syndicats.



