L’actrice franco-bulgare Natalia Dontcheva, visage familier de Joséphine, ange gardien et Doc Martin, s’est éteinte à 56 ans

L’actrice franco-bulgare Natalia Dontcheva, visage familier de Joséphine, ange gardien et Doc Martin, s’est éteinte à 56 ans
Le monde de la télévision française est en deuil. Natalia Dontcheva, comédienne franco-bulgare au parcours singulier, est décédée le samedi 1er août à l’âge de 56 ans. Révélée par ses multiples rôles dans Joséphine, ange gardien et incarnant la douce institutrice Julie Derville dans Doc Martin aux côtés de Thierry Lhermitte, elle laisse derrière elle une carrière riche de plus de trente ans, traversant les genres et les frontières. L’annonce, faite par Le Film français, a suscité une vive émotion chez ses anciens partenaires de jeu et chez les téléspectateurs qui l’avaient adoptée comme un membre de leur famille élargie. Dans un monde médiatique où les visages se renouvellent sans cesse, certains comédiens parviennent à tisser un lien unique, presque intime, avec le public. Natalia Dontcheva était de ceux-là.
Sa disparition brutale, dont les causes n’ont pas encore été communiquées, nous rappelle à quel point la vie est fragile. Pour ses proches, ses amis du métier et ses admirateurs, c’est une page qui se tourne. Revenir sur son itinéraire, c’est saluer une artiste discrète mais profondément talentueuse, qui a su imprimer sa marque dans le paysage audiovisuel français. Et parce que chaque départ interroge aussi notre propre rapport au temps qui passe et à l’imprévu, il n’est pas inutile de s’arrêter un instant sur la manière dont nous préparons, ou non, ces transitions inéluctables.
De Sofia à Paris : une vocation forgée dès l’enfance
Née en 1969 à Sofia, en Bulgarie, Natalia Dontcheva grandit littéralement dans les coulisses. Son père, Plamen Dontchev, était un acteur reconnu dans son pays. Très tôt, elle baigne dans l’univers du jeu, des répétitions et de l’émotion scénique. Mais plutôt que de rester dans le sillage paternel, elle décide, à vingt ans, de traverser l’Europe pour s’installer en France. Elle intègre le prestigieux conservatoire de la rue Blanche à Paris, où elle peaufine sa technique et s’imprègne de la tradition théâtrale française. Ce choix courageux, à une époque où les échanges entre l’Est et l’Ouest étaient encore marqués par les séquelles de la guerre froide, en dit long sur sa détermination.
Après deux petits rôles dans des productions bulgares, elle fait ses débuts à la télévision française dans le téléfilm La vérité est un vilain défaut diffusé sur Canal+. Elle y croise des réalisateurs qui sauront plus tard se souvenir de son visage expressif et de son accent teinté d’une musicalité slave à peine perceptible. Dès lors, les portes s’entrouvrent. Elle apparaît dans Julie Lescaut, l’un des piliers des séries policières de l’époque, avant de faire une entrée remarquée dans l’univers de Mimie Mathy.



