Renaître après l’horreur : Gisèle Pélicot se confie sur son nouveau départ et sa rencontre “merveilleuse”

Renaître après l’horreur : Gisèle Pélicot se confie sur son nouveau départ et sa rencontre “merveilleuse”
Il y a des histoires qui marquent l’histoire, et celle de Gisèle Pélicot en fait indéniablement partie. Symbole de résilience et de courage face à l’indicible, elle a choisi de ne pas se laisser définir par la tragédie. Le 15 février 2026, invitée sur le plateau de 20h30 Le Dimanche sur France 2, elle est apparue apaisée, presque lumineuse, pour évoquer la sortie de son livre Et la joie de vivre (Flammarion). Un titre qui, de prime abord, pourrait surprendre au vu du calvaire qu’elle a traversé. Pourtant, en l’écoutant, on comprend que ce n’est pas de l’oubli dont il est question, mais d’une reconstruction profonde et sincère. À 73 ans, Gisèle Pélicot prouve que la vie peut reprendre ses droits, même après les nuits les plus longues. Elle n’a pas seulement survécu ; elle a choisi de revivre, et son témoignage est un puissant message d’espoir pour toutes les victimes de violences.
Ce qui frappe dans ses propos, c’est cette absence de haine. “Je ne suis ni dans la haine, ni dans la colère”, a-t-elle confié. Un mantra qui force le respect, mais qui ne signifie pas pour autant l’oubli. “On ne peut pas oublier. J’essaie de cicatriser”, a-t-elle nuancé, rappelant que le chemin est long et semé d’embuches. Son refus de céder à l’amertume est une leçon de vie, une démonstration que la force intérieure peut triompher des pires traumatismes. C’est dans cet état d’esprit qu’elle aborde aujourd’hui un nouveau chapitre de son existence, un chapitre où l’amour a refait surface de manière inattendue.
Un amour inattendu : “On est comme deux adolescents”
L’une des révélations les plus touchantes de cette interview concerne sa situation amoureuse actuelle. Alors que Laurent Delahousse l’interrogeait sur sa capacité à croire encore en l’amour après ce qu’elle a vécu, sa réponse a été d’une sincérité désarmante. “Je n’ai jamais renoncé, j’ai eu la chance de rencontrer quelqu’un de merveilleux qui lui aussi a traversé des épreuves dans sa vie”, a-t-elle déclaré. Cette phrase, simple et puissante, montre que la vulnérabilité et la confiance peuvent renaître. Elle décrit cette nouvelle relation avec une fraîcheur désarmante : “On est comme deux adolescents aujourd’hui. Je trouve que c’est magnifique de continuer d’aimer.”
Cette déclaration a immédiatement trouvé un écho puissant. Elle démontre que la capacité à aimer n’est pas brisée par la violence, même la plus extrême. Pour Gisèle Pélicot, cette relation est bien plus qu’une simple consolation. C’est une renaissance. Elle explique que son compagnon a lui aussi traversé des épreuves, créant ainsi une connexion basée sur la compréhension mutuelle et la résilience partagée. Loin des projecteurs et des débats judiciaires, elle goûte à une forme de bonheur simple et authentique, une “joie de vivre” qui donne son titre à son ouvrage.
Redémarrer à zéro : une renaissance à 73 ans
“J’ai redémarré à zéro. Je vis à 100 à l’heure, j’ai la chance d’être en bonne santé. Je renais de mes cendres et je suis une femme heureuse, sereine et apaisée.” Ces mots de Gisèle Pélicot résonnent comme un manifeste de vie. Refusant de se laisser enfermer dans le rôle de la victime, elle a choisi de se réinventer. Cette renaissance passe par des actions concrètes : l’écriture de son livre, bien sûr, mais aussi des projets personnels. Son énergie est contagieuse et son message clair : il n’est jamais trop tard pour reconstruire sa vie.
Cette étape de sa vie est d’autant plus remarquable qu’elle intervient après un procès historique. Le procès des viols de Mazan, où 51 agresseurs ont été condamnés, a été un véritable chemin de croix. Gisèle Pélicot a eu le courage d’en demander la publicité, transformant sa douleur en un combat collectif contre la soumission chimique et les violences faites aux femmes. Aujourd’hui, elle récolte les fruits de ce courage, non pas dans la rancoeur, mais dans la sérénité. “Je ne suis pas dans la haine”, répète-t-elle, comme un mantra libérateur.



