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Pierre Perret à 90 ans : « J’arrête les concerts, pas la création » – nouvel album, livre et hommage à sa fille

À 90 ans, Pierre Perret ne cesse de surprendre. Malgré les épreuves personnelles et les défis de l’âge, l’artiste continue de composer et de se réinventer, prouvant que la passion n’a pas d’âge. Il a récemment annoncé qu’il ne se produirait plus en concert, mais qu’il n’avait pas ralenti son rythme de création. En effet, le chanteur de « Lily » et « Les jolies colonies de vacances » prévoit de sortir un nouvel album ainsi qu’un livre intitulé « Mémé Anna ». Une décision motivée par des raisons de santé, mais qui ne marque pas la fin de son engagement artistique.

Un chanteur écrit des poèmes en mémoire de sa fille décédée

La perte de Julie, un drame qui l’a marquée à jamais

La vie de Pierre Perret a été marquée par des moments de grande tristesse, notamment par la perte de sa fille, Julie, en 1995. Julie, décédée à l’âge de 32 ans, a laissé un vide immense dans la vie de son père. Pierre Perret a souvent exprimé sa douleur face à cette perte, qui a influencé son œuvre et sa vision du monde.

Il a écrit des poèmes à la mémoire de Julie, cherchant à apaiser sa peine par les mots. « Écrire sur elle, c’est la faire revivre un peu. Mais ça alourdit aussi le poids de l’absence », confie-t-il. Ces poèmes, jamais publiés, sont restés dans l’intimité de son carnet. Mais ils témoignent de la profondeur de son chagrin.

L’humour pour masquer les blessures

Malgré ce chagrin, Pierre Perret a continué à faire rire et à faire chanter son public. Il a poursuivi sa carrière avec détermination, tout en portant cette douleur silencieuse. Ses chansons, souvent perçues comme humoristiques, cachent en réalité des colères, des blessures et des convictions profondes.

Des titres engagés comme « Lily », qui dénonce le racisme, ou « Le zizi », qui parle de l’éducation sexuelle avec humour, témoignent de la profondeur de son regard sur la société. Derrière les rires, il y a souvent un message grave. Derrière la légèreté, un combat.

Une carrière musicale qui commence dans un café

De Castelsarrasin à Eddie Barclay

Né à Castelsarrasin en 1934, Pierre Perret a grandi dans le café de ses parents, où il a développé son amour pour le langage, l’argot et les comptoirs. Après des études de musique et de théâtre, il a été repéré par Eddie Barclay en 1957, ce qui a lancé une carrière jalonnée de succès.

Ses premiers succès dans les années 1960 (« Moi, j’attends Adèle », « Le cœur tendre ») ont été suivis de chansons plus engagées, révélant une dimension plus profonde de son œuvre. « Le poinçonneur des Lilas », « Les belles étrangères », « L’école est finie »… Autant de titres qui ont marqué des générations.

L’argot et la cuisine, ses autres passions

Pierre Perret a également publié plusieurs livres, dont un dictionnaire d’argot (« Le parler des métiers ») et des ouvrages de cuisine, reflétant son amour pour les plaisirs simples et les traditions françaises. Derrière ses rires et ses chansons joyeuses, il y a eu des larmes et une mélodie de douleur. Pourtant, il a continué à écrire, à chanter et à transmettre, trouvant dans l’art une forme de consolation face à la tristesse.

Pourquoi arrêter les concerts ? « Je ne veux pas faire un malaise sur scène »

La santé, priorité absolue

Récemment, Pierre Perret a annoncé sur son compte X (anciennement Twitter) qu’il s’apprêtait à publier un livre et à sortir de nouvelles chansons. Il a exprimé son désir de continuer à créer, malgré l’arrêt des concerts.

Interrogé sur cette décision, il a cité l’exemple de son collègue Arditi, qui a fait des malaises sur scène. « Je ne veux pas que cela m’arrive. Je préfère arrêter tant que je suis encore en forme, plutôt que de finir en ambulance. »

« Je n’ai pas peur de vieillir, mais j’ai peur de diminuer »

L’artiste a confié qu’il n’avait pas peur de vieillir, mais craignait la diminution et la perte de contrôle. Prendre soin de sa santé est primordial pour lui, et il se dit serein face au temps qui passe. « À 90 ans, je suis encore debout, je marche, je chante chez moi, j’écris. C’est l’essentiel. »

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