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“Ça vous rend dingue” : Bruno Salomone souffrait depuis toujours de ce trouble qui touche 15% des Français

C’est une terrible perte. En ce dimanche 15 mars 2026, l’Agence France-Presse vient tout juste de révéler le décès de Bruno Salomone. C’est d’ailleurs son agent, Laurent Grégoire, qui a partagé cette douloureuse nouvelle, au nom de la famille du comédien emblématique de “Fais pas ci, fais pas ça”.

« C’est avec une immense tristesse que nous vous annonçons la disparition de Bruno Salomone », a-t-on pu apprendre. Selon les premières informations, le comédien de 55 ans « s’est éteint après s’être battu contre une longue maladie ».

Mais si l’on ne sait pas encore quelle maladie a emporté l’humoriste, il est important de rappeler que ce dernier souffrait depuis toujours d’une pathologie particulière, qu’il avait choisi de rendre publique pour aider ceux qui vivent la même chose.

La misophonie : un trouble méconnu mais invalidant

De son vivant, Bruno Salomone évoquait très rarement sa vie privée lors d’interviews. Pourtant, lors de son passage sur les ondes de RMC en juin 2019, l’humoriste avait révélé souffrir d’une misophonie.

Un « trouble discret », caractérisé par « un dysfonctionnement du cerveau, du cortex cingulaire. Une zone impliquée dans le syndrome Gilles de la Tourette », expliquait-il.

Cette pathologie, encore mal connue du grand public, touche pourtant 15 % des Français. Elle se caractérise par une intolérance sélective à certains sons, souvent des bruits de bouche, de respiration ou de répétition.

Les symptômes décrits par Bruno Salomone

Dans son témoignage sur RMC, Bruno Salomone décrivait avec précision les symptômes de ce trouble qui empoisonnait son quotidien :

« Ça se manifeste par un sentiment de haine, des montées de sang, des angoisses ; j’ai même vu des gens pleurer. »

Il précisait que ce n’était pas le bruit en soi qui était insupportable, mais la répétition :

« Ce n’est pas le bruit en soi, c’est la redondance qui vous rend dingue. Il y a eu des faits divers où des gens ont tué leur voisin. Ça vous rend dingue. »

Ces mots forts montrent à quel point ce trouble peut être invalidant au quotidien. La misophonie n’est pas une simple irritation passagère, mais une véritable souffrance neurologique.

Une prise en charge difficile

À ce jour, il n’existe pas de traitement médicamenteux spécifique pour la misophonie. Les personnes qui en souffrent doivent apprendre à gérer leurs crises par d’autres moyens.

Bruno Salomone avait trouvé une méthode pour apaiser ses symptômes :

« Le seul moyen est d’associer un son positif à un son négatif pendant 9 mois, donc la contrainte est terrible. »

Cette technique, qui relève de la thérapie cognitive et comportementale, requiert un travail long et rigoureux. Elle consiste à “reprogrammer” le cerveau pour qu’il associe un son déclencheur à une sensation positive plutôt qu’à une réaction de colère ou d’anxiété.

Un combat mené avec courage

En rendant publique sa misophonie, Bruno Salomone avait choisi de briser le tabou autour de ce trouble méconnu. Il permettait à des milliers de Français de se sentir moins seuls face à cette pathologie incomprise.

Son témoignage a contribué à faire connaître la misophonie et à sensibiliser le public à la réalité de ce trouble. Une démarche généreuse, typique de l’homme discret mais engagé qu’il était.

La longue maladie qui l’a emporté

Si la misophonie a marqué sa vie, ce n’est pas cette pathologie qui a causé sa mort. Le comédien luttait depuis plusieurs années contre un cancer, comme l’a révélé son amie et partenaire de jeu, Hélène de Fougerolles, dans un émouvant hommage.

Il avait choisi de garder ce combat secret, par pudeur, pour que ses proches ou ses collègues n’aient pas pitié de lui. Une attitude digne et courageuse, qui correspondait à sa personnalité réservée.

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